Et si ce n’était qu’un joli « bull trap » ?

24/02/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Et si ce n’était qu’un joli « bull trap » ?

 

Forte dispersion des performances boursières des différentes zones !

Ces deux premiers mois boursiers montrent une dispersion assez forte des performances des indices mondiaux. Ainsi au 21/02/2014 et depuis le début 2014, les performances du Dow Jones sont en repli de 2,9% pour un Nasdaq en hausse de 2,1%, alors que l’Eurostoxx 50 progresse de 0,7%, pour un CAC à +2%, un DAX à 1,1% et c’est l’indice anglais le FTSE qui obtient la médaille d’or avec une progression de 7,5%. Du côté des perdants, on notera l’indice Nikkei en baisse de 8,7% tout comme la plupart des émergents, cf l’indice brésilien en perte de 8%. Le choix de privilégier les valeurs européennes en ce début d’année a plutôt été une stratégie gagnante. Le CAC 40 termine la semaine au plus haut depuis septembre 2008 à 4.381Pts et sachemine aujourdui vers les 4400 points. Ce mouvement reste quelque peu dangereux en regard des situations économiques et politiques qui prévalent. D’un point de vue aussi technique ces mouvemenst haussiers se font sans volumes, cf 3,3 Md€ sur le CAC vendredi, ce qui pourrait laisser augurer d’un « bull-trap » assez destructeur de valeur pour les investisseurs.

 

Une bonne nouvelle : Le G20 est à la recherche de la croissance perdue !

Les pays du « G20-finances » se sont réunis ce week-end à Sydney et le communiqué final met l'accent sur la croissance, l’apaisement des inquiétudes des nations émergentes et sur le renforcement des efforts contre l'évasion fiscale. Les objectifs sont de doper la croissance des pays avancés de deux points de plus d'ici à 2018, en "développant des politiques ambitieuses mais réalistes". La baguette magique n’est pas loin car le communiqué donne peu d’indications concrètes, mais les participants ont admis que le simple fait de parler de croissance et non plus d’austérité constituait un grand pas !

Au niveau des critiques des pays émergents qui s'inquiètent des effets collatéraux de la politique de « tapering » de la Fed, les banques centrales du G20 se sont engagées à "calibrer avec attention et à communiquer clairement" sur leur politique monétaire en veillant "à l'impact" de leurs décisions "sur l'économie mondiale". Là encore ceci reste un vœux pieux, aucune stratégie claire n’est réellement ressortie de ce sommet sur cette question. On attendait en particulier des éclaircissements sur la politique de la nouvelle présidente de la FED, notamment sur l’hypothèse de relèvement de taux aux Etats-Unis. Janet Yellen avait déjà donné une idée de sa pensée en indiquant devant le congrès américain que la volatilité des devises des pays émergents ne créer pas de risque pour les perspectives économiques américaines. Bref, c’était une fin de non recevoir et il n’y a donc pas eu d’engagement spécial de sa part.

Elément plus tangible, le G20 a approuvé une norme d'échange automatique de données fiscales conçue par l'OCDE que plus de 42 pays se sont engagés à appliquer afin de lutter contre la fraude fiscale. La mise en place de cette norme, qui va plus loin que des coopérations reposant sur la bonne volonté des différents pays concernés, doit démarrer fin 2015. Enfin il n’y a pas eu de consensus sur la situation en Ukraine (on peut imaginer un veto russe sur une prise de position trop précise du G20 !). Mais hier soir, le nouveau président par intérim Olexandre Tourtchinov a déclaré que l’Ukraine se trouve au bord d'un défaut de paiement et que le pays est en train de glisser dans le précipice. Le défaut du pays aurait des impacts directs et indirects sur les économies voisines de l’Est puisque les investisseurs étrangers pourraient diminuer leur exposition à l’ensemble de cette zone. Ceci a déjà commencé puisque les changes et les taux souverains de la Pologne, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Russie ont tous enregistré des variations négatives en fin de semaine. Les taux souverains 10 ans ont aussi grimpé à 6,2% pour la Hongrie, 5,55% pour la Roumanie, 4,69% pour la Russie et 4,56% pour la Pologne hier et leurs devises se sont fortement dépréciées.

Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel !

La forte remontée des marchés en février n’était pas totalement improbable puisque nous avions déjà souligné une possibilité de progresser de 5 à 6% sur l’année 2014. Nous restons néanmoins convaincus que cette dynamique reste dangereuse car faite dans de très faibles volumes. La situation de l’Ukraine va constituer un sujet économique et politique très important. C’est en effet la première fois depuis longtemps que ressurgit un affrontement Est-Ouest assez majeur. Il serait assez surprenant que dans ce contexte les marchés restent à des niveaux élevés sans réelles justifications économiques. La fin de l’année est encore très loin et bien malin qui peut aujourd’hui faire des pronostics sérieux sur la valeur des différents indices à cette date ! Reste que pour l’instant, les « bull » dominent le marché et ont raison : « Jusqu’ici tout va bien », mais plus dure pourrait être la chute ... .

 

Lettre hebdomadaire Hixance n° 86, lundi 24 février 2014

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