Encore une semaine à hauts risques…

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

16/06/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Encore une semaine à hauts risques…

Encore une semaine à hauts risques … 

Athènes/Washington, ce sont ces deux capitales qui vont influencer les marchés cette semaine. Le feuilleton grec devient épuisant pour les nerfs des investisseurs. Rarement on aura vu autant d’impréparation de parts et d’autres et de manque de coordination sur un dossier qui engage pleinement la construction européenne et même la stabilité financière mondiale et qui dure depuis quelques années déjà. Les yeux vont aussi être rivés sur la Fed cette semaine. Le discours de Mme Yellen sera fortement attendu après les demandes du FMI et de la Banque Mondiale de ne pas augmenter les taux avant 2016. Donc il faut le reconnaitre , les marchés sont perdus, et ne réagissent que sur des rumeurs, causant au passage des dégats importants tant sur les actions que sur les obligations. C’est surtout le Bund allemand qui est affecté par la crainte d’un arrêt plus rapide que prévu du rachat des dettes de la BCE. Le risque est aussi une explosion des taux souverains espagnols et italiens, si une issue négative sortait des dernières négociations grecques. Nous constatons toujours une décorrélation des marchés avec une légère baisse des indices européens : le DAX est stable à -0,01%, le CAC de -0,4% et l’Eurostoxx de -0,21%. Les marchés américains ont mieux résisté puisque le Dow Jones progresse de 0,28% mais le Nasdaq baisse de -0,34%. Le Nikkei continue à quelque peu consolidé avec -0,26%.

Retour de l’aversion aux risques pour l’ensemble des classes d’actifs

Les taux souverains européens enregistrent une réaction négative, avec un regain d'aversion au risque qui porte les obligations allemandes à 10 ans à 0,83% et surtout écarte le spread entre les pays périphériques et l'Allemagne à 2,21% avec l’Italie, 2,23% avec l’Espagne, 3,0% avec le Portugal et 11,36% avec la Grèce. En dehors des problématiques liées à la Grèce, c’est aussi la perspective d’une remontée des taux aux Etats-Unis qui inquiète. Le risque tient à ce que les investisseurs en quête de rendement vendent l’Europe pour acheter le taux souverain US. Les marché actions risquent aussi de suivre la même tendance. On a déjà constaté en effet une forte corrélation dans le comportement des différentes classes d’actifs dans le passé. En conséquence, un effet négatif sur un marché peut entraîner tous les autres par effet de domino. Le risque bien réel, surtout par rapport aux hausses récentes, est que les investisseurs, au lieu d’arbitrer entre les différentes classes, vendent toutes les positions en attendant une stabilisation des marchés et une meilleure lisibilité tant sur la Grèce que sur l’évolution de la conjoncture mondiale. Finalement, la zone qui a déjà assez fortement réagi négativement est celle des pays émergents, d’où notre sentiment négatif que nous rappelons depuis deux mois. Ces pays seront en effet fortement victimes du resserement monétaire US par un transfert massif de liquidités des pays émergents vers les US. Ceci devrait alors peser aussi sur leur devise et évidemment faire progresser le dollar, d’où aussi le maintien de nos positions dollar au sein de nos portefeuilles. L'autre réaction récente tient au baril de pétrole, qui rechute à 64 $ le baril de Brent et 60 $ pour la référence. L'Arabie Saoudite a l’intention de relever sa production pendant l'été si la demande devait s'avérer supérieure aux attentes, ce qui entrainerait une stabilisation des prix du baril.

Embellie de l’enploi et de la consommation aux US

Les statistiques macroéconomiques sur le marché de l’emploi, sur les ventes au détail et les prix à la production ont été plutôt favorables. Ensuite l'indice de confiance des ménages élaboré par l'Université du Michigan a surpris positivement en juin, à 94,6 vs 91,2 attendu, soutenu par l'amélioration du sentiment des ménages sur leur situation actuelle. Les éléments sont donc réunis pour soutenir les dépenses des ménages dans les mois à venir, ce qui devrait permettre à la Fed d'enclencher son durcissement monétaire d'ici probablement septembre.

Les aquisitions : un soutien important pour les marchés

Le premier trimestre 2015 a enregistré l’activité M&A (fusion-acquiistion) la plus intense en 8 ans avec un montant total d’opérations s’élevant à plus de 902 Mds$ : l’opérateur de satellites DISH va racheter T Mobile US pour un montant de 10 à 15Mds$, le fonds Apollo a racheté Verallia à Saint Gobain pour 2,95Mds€, …. . Ceci témoigne d’une relative confiance des industriels dans la croissance attendue et relativise la question des valorisations puisque toutes ces transactions se font avec des primes très intéressantes pour les investisseurs.

En conclusion, semaine évidemment à hauts risques toujours influencée par la négociation de la Grèce avec ses créanciers. Merdredi soir, le discours de la FED va être aussi regardé de très près et devrait influencer fortement le marché. Nous maintenons notre conviction que les risques de déception sont plus probables que l’inverse, donc dans la mesure où les marchés restent à des niveaux encore assez élevés, la prudence s’impose toujours.

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