En attendant la FED !

16/09/2013 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

En attendant la FED !

Reconnaissons volontiers notre erreur d’analyse au cours des deux dernières semaines quant à l’issue de la crise syrienne. Nous n’avions pas prévu le retour de la diplomatie russe au devant de la scène internationale (faut-il d’ailleurs parler dans ce cas de diplomatie ou d’arrangements suspects?). Dans notre domaine seul le résultat compte et les investisseurs ont immédiatement enlevé aux marchés financiers le niveau de risque lié à la question syrienne. La rapidité de ce changement de perception peut surprendre car on voit mal le régime d’Assad accepter les conditions imposées par les Américains et de toutes les façons la question du maintien en place du régime reste totale, d’où la non adhésion au plan américano-russe de l’opposition syrienne. Il serait étonnant que cette actualité ne revienne pas à l’ordre du jour dans un sens négatif car nous sommes loin d’un univers de bisounours dans la région. Wait and see !

 

L’intervention de la Fed : Un enjeu majeur

 

Faute d’autres éléments majeurs, les marchés vont attendre avec une certaine fébrilité le discours de la Fed du 18 septembre quant à l’évolution de sa politique monétaire. La question est simple : va-t-elle annoncer une baisse de ses achats mensuels dès le mois de septembre, quitte à annoncer des montants assez limités de l’ordre de 10 Md$, ou va-t-elle rester dans un discours toujours vague ? La réponse est assez incertaine puisque les chiffres de l’emploi publiés (ceci reste l’élement crucial dans les hypothèses de retrait de la FED) n’attestent pas vraiment d’une baisse continue du chômage. Comme un peu partout en Europe, l’amélioration de la situation économique ne se traduit pas encore dans les chiffres de l’emploi. Le consensus attend toutefois une décision pour septembre, avec un probable impact négatif pour les marchés. Ben Bernanke aura néanmoins à coeur avant son départ d’avoir une communication relativement rassurante pour les marchés. On doit aussi s’intéresser du côté américain à la difficulté pour Obama de faire passer son budget 2014 et surtout la hausse du plafond de la dette. C’est surtout la frange la plus dure des républicains (le Tea Party) qui conditionne un accord à la suppression de « l’obamacare ». Il est alors possible que des coupes automatiques aient lieu en cas de non accord, ce qui pourrait influencer négativement la croissance américaine (entre 0,3 et 0,4% pour la croissance du PIB) et peser une nouvelle fois sur les indices boursiers à court terme.

 

Quelle stratégie désormais adopter ?

 

On fête le cinquième anniversaire de la faillite de Lehman Brothers qui a entraîné la chute des marchés financiers sachant que les cours actuels ont retrouvé voire dépassé les niveaux de septembre 2008 ; pour le Dow Jones ou le Dax, ce sont les prix de 2007 qui ont été retrouvés. Cette embellie est liée à la certitude que l’Euro n’éclatera pas et que la reprise économique, certes modérée, se confirme aux Etats-Unis et même en Europe. Ceci a aussi été validé, et c’est essentiel, par les résultats des entreprises qui montrent des signes d’amélioration au premier semestre. Mais désormais une nouvelle ère s’ouvre. La remontée des taux directeurs, d’abord aux Etats-Unis, se propagera assez vite en Europe, ce qui peut casser une reprise durable car le crédit ne repartira toujours pas. Autre sujet sensible, la hausse des taux souverains va provoquer des moins-values en capital à ceux qui ont acheté des obligations d’Etat au moment de la crise. Sans parler de krach obligataire, nous devrions assister à des tensions sur cette classe d’actifs. Enfin dans un entretien au « Monde » de ce week-end, Jean-Claude Trichet rappelle « qu’il est essentiel que les autorités publiques et les responsables privés utilisent le répit donné par les banques centrales pour mettre leurs affaires en ordre (budget, réformes structurelles, règles prudentielles, contrôle des risques). Sinon, la période présente n’aura servi qu’à préparer la prochaine crise. »

 

En conclusion, on voit bien que les éléments positifs sur lesquels s’appuie le marché restent fragiles et quelquefois anecdotiques, comme le retrait ce matin de la candidature de Larry Summers à la succession de Bernanke. Dans la mesure où nous gérons nos actifs avec la volonté de conserver le capital, la présence de zones de risques toujours assez élevés nous oblige à maintenir des niveaux importants de protection. Dans la plupart des marchés, les figures techniques sont assez proches des sommets, un dépassement pourrait alors continuer à propulser les indices avec des gains supplémentaires de l’ordre de 4 à 5%. Il faudra être vigilant et saisir certaines opportunités même si nous restons persuadés que sans accélération de l’activité mondiale et sans hausse des résultats des entreprises, d’un point de vue fondamental, il est difficile de confirmer les plus hauts. Mais qui a dit que les marchés étaient toujours rationnels ?

 

Lettre hebdomadaire Hixance n° 66, lundi 16 septembre 2013 

Par Jean-Noel Vieille

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