DOIT-ON S'INQUIÉTER DU RECENT RECUL DE LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS AMÉRICAINS?

Par Dr William Telkes - Economiste - BCEE Asset Management

26/02/2016 - Publié par BCEE ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

DOIT-ON S'INQUIÉTER DU RECENT RECUL DE LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS AMÉRICAINS?

Publié cette semaine par le Conference Board, l’indice mensuel de la confiance du consommateur américain s’affiche en baisse par rapport au mois de janvier (92,2 contre 97,8 précédemment) et se situe largement en dessous des attentes des investisseurs (97,5). Cet indicateur corrobore les signaux envoyés par d’autres indicateurs de confiance, comme par exemple celui de l’Université du Michigan. Le sous-indice mesurant la perception actuelle qu’ont les consommateurs américains du climat des affaires s’établit à 112,1 contre 116,6 précédemment. L’indice reflétant leurs anticipations à 6 mois est également en baisse (78,9 contre 85,2 le mois précédent), atteignant son niveau le plus bas depuis février 2014 (76,5). Les indices mesurant leur perception du marché du travail n’étaient pas mieux orientés.

Ces récentes statistiques en provenance du Conference Board soulignent un certain pessimisme de la part des consommateurs américains, lequel est tout à fait compréhensible étant données certaines évolutions récentes. Les ménages américains étant très sensibles à l’évolution des marchés financiers, il est tout à fait normal que la volatilité observée sur les marchés depuis le début d’année ait eu un impact sur le moral des consommateurs américains. En outre, les remontées de salaires qui devraient résulter de la situation très favorable sur le marché du travail se fait toujours attendre. En effet, les récentes hausses de salaires, comme reflétées par les chiffres sur le salaire horaire moyen, demeurent timides. Les profits des entreprises américaines étant faibles dernièrement, une remontée rapide des salaires reste peu probable à court terme.

Malgré la forte baisse des prix de l’énergie, le surplus de pouvoir d’achat résultant de cette baisse a du mal à se matérialiser et les consommateurs américains semblent préférer épargner une partie de ce surplus de pouvoir d’achat. Ceci se reflète dans la récente remontée du taux d’épargne. De plus, leurs habitudes de consommation montrent que les achats de certains biens sont à la baisse. Ainsi, à titre d’exemple, la part des consommateurs qui souhaitent acheter prochainement de gros appareils ménagers est tombée à 46,8%, soit le niveau le plus faible sur un an.

Les indices de confiance des consommateurs sont souvent considérés comme des indicateurs avancés du taux de chômage. Il en résulte que si la détérioration de ces indices devait se poursuivre, on pourrait assister prochainement à une légère remontée du taux de chômage américain. Une détérioration progressive des indices de confiance ne serait pas non plus de bonne augure pour les perspectives de consommation des ménages américains et donc pour la croissance américaine.

Ces chiffres peuvent apparaître alarmant à première vue, mais un second coup d’œil s’impose afin de ne pas tomber dans la surinterprétation. Même si ces indices étaient plutôt baissiers ces derniers mois, observés sur une plus longue période ces indices demeurent sur un trend haussier. En outre, malgré la baisse des achats de certains biens, les ménages continuent à consommer d’autres biens. Ainsi, les ventes de détail et les ventes d’automobiles restent bien orientées. En ce qui concerne la remontée du taux d’épargne, celle-ci ne doit pas inquiéter davantage, surtout si cette dernière reste temporaire. Cette remontée suggère plutôt que le potentiel de consommation futur des ménages américains demeure élevé.

Les chiffres récents sur le consommateur américain interpellent et rappellent qu’il faut rester vigilant et continuer d’observer attentivement la reprise américaine qui demeure fragile. Toutefois, à moyen terme, on peut rester convaincu du rôle de la consommation des ménages américains comme moteur de la croissance. Si la volatilité sur les marchés financiers devait se dissiper, on pourrait assister à un rebond des indices de confiance des consommateurs et donc à une remontée de la consommation. Ceci est d’autant plus vrai dans le cas d’une remontée significative des salaires. Enfin, notons qu’une remontée de la consommation devrait se répercuter favorablement sur le comportement d’investissement des entreprises.

Ce document est diffusé à titre d'information uniquement et ne constitue ni une proposition d'investissement, ni une autre forme de conseil aux investisseurs. Les opinions exprimées dans ce document représentent le sentiment de l’auteur au jour de son édition. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

 

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