Deutsche Bank = Déroute Banale ou risques systémiques ?

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°204

04/10/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Deutsche Bank = Déroute Banale ou risques systémiques ?

Une fois les messages des banques centrales analysées et digérés par les marchés financiers, ce sont des données plus micro-économiques qui ont alimenté les évolutions boursières, avec un fort regain de volatilité. D’un côté, l’accord surprise de l’OPEP mercredi dernier a fait bondir les indices jeudi matin, d’un autre côté, les difficultés de la Deutsche Bank ont largement refroidi les intervenants, faisant craindre le retour de la crise de 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. Pour beaucoup de valeurs financières, le retour à des valorisations proches de celles de 2008 pose problème après notamment tous les stress tests positifs effectués par les autorités de régulation européennes, qui ont certifié pour la plupart des banques des niveaux de fonds propres suffisants. La question est plus politique qu’économique. Si la Deutsche Bank venait effectivement à avoir des difficultés de solvabilité (ce qui n’est pas encore avérée et va dépendre manifestement de l’amende réelle en provenance des US), il faudrait alors faire une entorse aux nouvelles décisions communautaires qui interdisent aux Etats européens d’aider directement leurs banques. Et ceci ouvrirait évidemment la porte à des solutions similaires en Italie, possibilité à laquelle l’Allemagne s’est toujours refusée.

La semaine passée, les indices boursiers ont globalement connu des phases de baisse : -0,99% pour l’Eurostoxx50, -0,90% pour le CAC40 et -1,09% pour le DAX. Le DJ affiche une hausse légère de 0,26% et le Nasdaq de 0,12%. Le NIKKEI a connu une assez forte baisse de -1,82%.

 

Que penser du secteur bancaire : opportunités ou sidérurgie de 2017 ?

La volatilité sur le secteur bancaire européen reste donc très élevée en ce moment. Alors que les inquiétudes sur la solvabilité de Deutsche Bank avaient pénalisé l'ensemble du secteur dans un premier temps, les informations de presse évoquant une amende d'un peu plus de 5,4 Md€ ont rassuré en fin de séance ce vendredi. La DB a en effet déjà provisionné dans ses comptes 8 Md€ sur les dossiers en cours de négociations. Si la solvabilité n’est pas en cause, on peut toutefois se poser quelques questions sur les liquidités de la Banque. Le marché reste néanmoins dubitatif sur la valorisation des banques. En effet, le contexte de taux très bas est défavorable et la digitalisation oblige fortement les banques à revoir leur business model, ce qui va amener à de nombreuses fermetures d’agences et donc d’importants coûts de restructuration. Ceci justifie une valorisation du secteur très faible et le fait que quelques titres sont à des prix comparables aux points bas atteints durant la crise bancaire de 2008. Même si on peut considérer que le système bancaire est désormais bien plus solide qu'il ne l'était à l'époque, nous ne voyons pas encore d’éléments forts pour revenir sereinement sur ce secteur. Il existe encore trop de probabilités d’augmentation de capital  (surtout en Italie, mais aussi pour les banques allemandes moyennes) pour respecter les contraintes de solvabilité, mais selon nous c’est surtout la question du modèle économique qui est en question. C’est aussi le secteur qui est le plus vendu à découvert par les intervenants ce qui fait logiquement baisser les valorisations par un simple effet « flux ».

 

Une réunion de l'OPEP pour une fois favorable ….et Clinton regagne du terrain

La réunion informelle de l’OPEP qui s’est tenue en début de semaine à Alger a permis, contre toute attente, de trouver un accord sur une baisse de sa production entre 32.5 et 33 Mb/j soit une baisse de 0.5 à 1 Mb/j par rapport à son niveau de production d’août dernier. Aucun détail sur les quotas par pays n’y figure, un comité travaillera sur le sujet et rendra ses conclusions lors de la réunion du 30 novembre prochain. Cette annonce constitue un retournement de tendance et une inflexion importante dans la position de L’OPEP, montrant que le cartel et notamment l’Arabie saoudite a besoin de soutenir les prix à court terme. En effet, l’Arabie saoudite qui avait décidé il y a maintenant 2 ans d’accroitre sa production pour écarter les producteurs à coûts élevés (en particulier le pétrole de schiste US) a finalement changé de stratégie. Son déficit budgétaire se creuse de 100 Md$/an (au point de réduire les salaires des fonctionnaires). De plus, l’Arabie Saoudite a accepté l’idée que l’Iran puisse retrouver un niveau de production de 4 Mb/j. Cet accord, le premier depuis huit ans s’est traduit par une hausse du Brent de 5.9% à 48.7 $/b et est très favorable à la bonne tenue des marchés financiers.

Les marchés ont également salué mardi l’avantage qui a été donné à Hilary Clinton lors de son premier débat présidentiel face à Donald Trump. Un sondage CNN réalisé à la fin du débat a indiqué que 62% des téléspectateurs ont considéré H. Clinton victorieuse contre 27% pour Trump. Le ton a été similaire pour Fox News - chaine traditionnellement républicaine – qui a donné un avantage de 72% pour la candidate démocrate. Ceci devrait donc amener moins de probabilité à une victoire de Trump et plus de calme pour les marchés.

 

Données économiques un peu plus positives

le PIB américain au deuxième trimestre est ressorti au-dessus des attentes (1.4% vs. cons. 1.3%) et Dennis Lockhart, président de la Fed d’Atlanta, a déclaré que la Réserve Fédérale s’approchait de ses objectifs de plein emploi et d’inflation à 2%. La bonne orientation des différentes composantes de l'indice de l'Université du Michigan démontre que l'économie américaine se redresse après le trou d'air du premier semestre (91,2 en septembre vs 89,8 en août pour le climat des affaires). Tout ceci plaide pour la confirmation d’une hausse de taux en décembre sinon la Fed va perdre toute crédibilité aux yeux des marchés. On assiste ainsi à une hausse des anticipations d’une remontée des taux en décembre (Probabilité Fed Funds 56% vs. 51% lundi) et J. Yellen a tenu à repréciser mercredi qu’une majorité des membres du FOMC s’attendaient à une hausse des taux cette année.

Même en Europe, les publications ont aussi été assez favorables : l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne a dépassé les attentes (109.5 vs. cons. 106.3 – plus haut niveau depuis mai 2014), le PIB au Royaume-Uni pour le deuxième trimestre a été révisé à la hausse (0.7% vs. cons. 0.6%). La solidité de la consommation des ménages en Europe se combine à une inflation toujours faible, bien en dessous des objectifs de la BCE.

 

Attendre encore une baisse pour se renforcer au niveau des actions !

La volatilité reste très forte et cette semaine ce sont donc l’OPEP et les doutes sur la solvabilité du système bancaire qui ont donné aux marchés des signaux opposés. Les économies ont néanmoins montré des signes d’évolution assez positives aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce qui permet de construire des hypothèses assez positives pour l’année 2017. Nous maintenons un scénario à court terme plutôt baissier pour aller chercher des niveaux autour de 4200 points pour le CAC 40, pour ensuite retrouver une dynamique haussière, pour atteindre les plus hauts de l’année, porté par des publications des entreprises qui devraient rester favorables.

 

Jean-Noël Vieille - le 3 octobre 2016

 

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Fonds associés

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