Des perspectives plus favorables pour la zone euro

11/02/2013 - Publié par FRANKLIN TEMPLETON INVESTMENTS dans Marché Obligataire

Des perspectives plus favorables pour la zone euro

La baisse des rendements des obligations d'État italiennes et espagnoles survenue au cours du deuxième semestre 2012 montre à quel point le sentiment des investisseurs a évolué concernant la crise de la dette souveraine au sein de la zone euro. Les deux pays sont très largement perçus comme membres historiques de la zone euro, et l'augmentation significative de leurs coûts d'emprunt depuis 2010 avait été présentée par certains comme une menace sur l'avenir de l'union monétaire. Après avoir atteint un plus haut à 7 % au cours du premier semestre 2012, les coûts d'emprunt à 10 ans des deux pays ont fortement baissé, pour s'établir à 4,5 % environ pour l'Italie et à un peu plus de 5 % pour l'Espagne.

 

Cette réévaluation par les investisseurs de la vulnérabilité de deux des plus grands pays européens s'explique en partie par une amélioration de la situation au sein de la zone euro dans trois domaines clés : la banque, la dette souveraine et la politique. Pour les banques de la région, les opérations de refinancement à long terme (LTRO) mises en place par la Banque centrale européenne en décembre 2011 pour une durée de trois ans ont représenté une étape importante vers la résolution des problèmes rencontrés par le système financier au sein de la zone euro, et vers l'obtention d'un meilleur accès au financement pour les prêteurs.

 

De même, les problèmes de financement de la dette rencontrés par certains pays de la zone euro (y compris l'Italie et l'Espagne) ont été réglés suite à l'annonce par la BCE du programme d'achat illimité d'obligations OMT (Outright Monetary Transactions) en septembre 2012. Les pays demandant à participer à ce programme ont dû accepter de remplir certaines conditions, ce qui a permis de mettre en place un vaste accord politique en vertu duquel les économies les plus solides acceptent de soutenir les pays ayant des difficultés à lever des fonds.

 

Enfin, l'engagement continu des responsables politiques européens a également eu un impact fort. En septembre 2012, le parlement allemand a approuvé l'extension du Fonds européen de stabilité financière, le dispositif de sauvetage de la zone Euro. L'accord conclu entre les États membres concernant un nouveau défaut de la Grèce fin 2012 a permis d'éliminer une autre source de préoccupation immédiate pour les investisseurs, même si des doutes persistent concernant la situation financière du pays sur le long terme. Malgré l'avancement des élections italiennes à février 2013, le nouveau gouvernement devrait poursuivre les réformes structurelles engagées par l'administration technocrate du Premier ministre, Mario Monti, perspective encourageante de notre point de vue.

 

Bien entendu, les risques liés à la mise en oeuvre des mesures devant être prises pour faire avancer les choses dans ces domaines clés restent considérables, et les craintes que les politiques rechignent à prendre les engagements nécessaires dans le cadre de ces réformes pourraient causer une volatilité des marchés, notamment à l'approche des élections en Italie puis, un peu plus tard dans l'année, en Allemagne. Nous pensons que les gouvernements des pays se trouvant à la périphérie de la zone Euro, dont la situation financière a été améliorée par la promesse des mesures de la BCE destinées à plafonner leurs coûts d'emprunt seront probablement contraints de travailler au renforcement de leur discipline budgétaire plutôt que de chercher à doper leur économie. Les banques de la zone Euro devraient poursuivre leurs efforts de désendettement plutôt que de prêter les fonds obtenus. Face à ces turbulences, le regain de confiance nécessaire pour relancer les dépenses du secteur privé risque de prendre du temps. Toutefois, il nous semble malgré tout que les améliorations notées présagent d'un règlement à long terme des problèmes de la région.

 

Nous restons très prudents quant aux perspectives d'amélioration de certains pays, dont la Grèce, sans même parler de son dernier défaut, et, dans une moindre mesure, le Portugal. Nous resterons vigilants concernant l'Espagne, afin de voir si le programme de rachat d'obligations OMT offre un début de solution aux problèmes que rencontre actuellement le pays. Concernant les États membres dont le ratio dette/PIB (produit intérieur brut) est resté plus stable et dont les déficits sont moins importants, comme l'Irlande ou encore l'Italie, nous pensons qu'il y a lieu d'être optimiste.

 

Après avoir traversé pendant plusieurs années une crise après l'autre, avec peu, voire aucun espoir de trouver une solution à ses problèmes d'endettement, nous espérons que les mesures positives prises par la zone Euro dans le domaine de la banque, de la dette souveraine et de la politique permettront de prolonger sur 2013 l'accalmie actuelle. Nous sommes convaincus qu'un tel environnement peut favoriser une poursuite de la normalisation des écarts de rendement des obligations souveraines de plusieurs pays (grâce à leurs fondamentaux) et éviter que le marché ne soit en proie à la panique ou à une liquidité insuffisante,

 

John W. Beck

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