Depuis 15 jours, les marchés vont bien ! Très bien même, aussi bien qu'en...

L’e -conoclaste Actis hebdo

07/03/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Depuis 15 jours, les marchés vont bien ! Très bien même, aussi bien qu'en...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Tel qui vit d’espoir meurt à jeun» - Benjamin Franklin (1706-1790), Politique et physicien américain

 

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

1 200 Milliards de dollars : est la somme des dividendes distribués en 2015 par les 1200 premières sociétés mondiales. Un record. Pour information, la capitalisation totale de la Bourse de Paris est de 1 196 Milliards d’euros.

9,5 Milliards d’euros : est le déficit cumulé depuis 2011 du groupe Areva.

4,75 Milliards d’euros : est le chiffre cumulé des ventes de champagnes en 2015, un record historique (+5,6% vs 2014). Les ventes en volume n’ont pas dépassé en revanche l’année 2007 record.

40: est le nombre de pays ayant construit des murs depuis la chute du mur de Berlin (1989), dont 30 après le 11 septembre 2001 et…15 cette année (40%).

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Depuis 15 jours, les marchés vont bien ! Très bien même, aussi bien qu’en janvier quand le marché parisien avait enfoncé les 4000 points et s’était arrêté, tout debout sur la pédale des freins, à 3900 points pour inscrire -16%.

Heureusement, les investisseurs ont souvent une mémoire de poisson rouge et, à la hausse comme à la baisse, les « convictions fondamentales » dépassent rarement le cap des 24 heures.

Non en fait, l’extraordinaire assurance des investisseurs, les plus optimistes cette fois-ci ou les plus clairvoyants, un peu moins bavards courant janvier, provient des 3 facteurs principaux qui étaient invoqués à savoir:

1- Les annonces toujouuuuuurs rassurantes de Mario Draghi qui, quoiqu’il arrive, distribuera ce jeudi matière à voir des éléphants roses :

Au risque de spoiler l’épisode 152 de la saison 4 de Mario Draghi, il est fort probable que le QE va être prolongé jusqu’ en sept 2017,  les montants alloués passer de 60 à 70 et les taux de refinancement devenir encore plus négatifs. Si c’est Goldman qui le dit, on a de bonnes raisons de le penser.

2- La stabilisation du pétrole servant de fil rouge comme jamais auparavant et son rebond d’après la débâcle. Après un double bottom à 26 $ sur le WTI américain, le baril a repris 30% depuis ses plus bas pour se caler sur la zone des 35 $ et refaire la moitié du chemin perdu depuis le nervous breakdown de ces deux derniers mois.  

La zone des 26-30 dollars semble bien confirmer le plancher évoqué, d’autant plus que de nombreux pays producteurs (notamment la Russie) ne se limitant pas au cartel de l’OPEP, à l’exception logique de l’Iran, s’engagent à plafonner leurs extractions.

Cet espoir de gel de la production compense l’annonce des nouvelles des stocks de brut américains (plus de 10 Millions de barils en huit jours contre 3,6 attendus) et ce malgré la poursuite de la baisse de la production US revenue sur ses plus bas niveaux de novembre 2014 à 9,1 millions de barils/jour.

 

Vous l’aurez compris, le marché est en apesanteur et renoue avec l’ivresse de l’altitude. Ivresse toute relative néanmoins, car excepté quelques marchés sud-américains et l’or, les marchés mouchent encore un peu rouge selon l’expression imagée toute poétique des    rugbymen après une explication un peu virile (mais toujours correcte).

Les honneurs reviennent donc aux valeurs les plus massacrées ces derniers temps, à savoir les minières type Arcelor dont les rachats de shorts ont permis à la valeur de se hisser en tête des performances du Cac 40 à +19% après une monumentale raclée qui dure depuis près de cinq ans avec une chute de 90% de sa valeur. Il lui faudrait reprendre 900% pour retrouver ses cours de début 2011 (il existe un collectif sur jenaimarredemoyenneralabaisse.com).

Pour information, toujours pour les poissons rouges (ça pique un peu des fois), le titre valait 10 euros un an auparavant, il en vaut un peu plus de 4,5 aujourd’hui après avoir titillé la zone des 2.5 euros, 15 jours plus tôt.

Idem pour les pétrolières comme Technip au rebond de 40% depuis ses plus bas et qui se hisse à l’arraché en territoire positif depuis ce début d’année.

Pour CGG, c’est pareil, le rebond a eu lieu mais le titre reste perdu dans les limbes marécageuses à -50% en YTD, il faudra tout de même un bon coup de talon pour lui faire perdre son statut de penny stocks ou tout simplement un reverse split par désespoir.

Les minières restent bien orientées à l’image des pétrolières via les rachats de shorts et « achats à bon compte » et aidés en cela par la reprise de certains métaux dont le cuivre qui progresse de 15% depuis ses plus bas et revient sur ses cours de mi-novembre.

Par contre, il ne fait pas bon détenir de belles valeurs telles Seb, BioMerieux, Ingenico, Bic qui à l’occasion de publications de résultats ont toutes dévissées de 10 à 15% en une séance, les attentes des analystes étant trop fortes, habitués qu’ils sont à en espérer toujours plus alors que les chiffres restent de qualité et que les managements respectifs ont l’honnêteté et l’humilité d’afficher des perspectives de croissance de résultats plutôt conservatrices et raisonnables en ce début d’année. Opposition de style.

Côté Ouest France, on signalera que les bretons se crêpent toujours la coiffe bigoudène. Je veux parler des frères guillemot avec Gameloft et Ubisoft et de l’ogre Vincent Bolloré.

Ce dernier rêve d’enrichir le secteur médias à travers Vivendi, et plus largement sa galaxie, avec le petit poucet franco-québécois. Pour l’instant, les bretons indépendants résistent encore à « l’envahisseur » mais jusqu’à quand ?

Concernant, la prise de contrôle d’Ubisoft, le sujet est plus délicat pour Bolloré où le risque est de racheter une coquille qui s’avérerait vide si les géniaux concepteurs d’Assassins Creed et autres blockbusters étaient dragués par la concurrence tel Electronic Arts par exemple.

On notera que l’appétit de Bolloré se manifeste également ces jours-ci dans le secteur des Telcos avec des discussions autour de Telecom Italia.

Les sujets inextricables demeurent : Espagne et Irlande sans gouvernement, la gestion des flux migratoires en Europe continentale, les indices manufacturiers et des services en berne dans de nombreux pays de L’Eurozone, le possible futur US avec Donald Trump,  la perte de la place de N°1  de la France comme partenaire économique et commercial avec l’Allemagne au profit des américains, le chômage en France…

On pourrait citer bien d’autres sujets naturellement, mais la cohérence politique européenne et le devenir des échanges avec la première puissance mondiale (risques de protectionnisme américain important) sont de vrais sujets pouvant impacter à terme la reprise économique mondiale.

 

LE POINT TECHNIQUE

De l’efficacité des banques centrales?

L’efficacité des banques centrales (US, Chine, Japon et Europe notamment) par leur opiniâtreté à combattre l’inertie et les forces de ralentissement de la croissance mondiale, exprimées ici à travers l’explosion de leurs bilans suite aux QE successifs, est mise en doute quand on regarde l’impact sur le rythme d’inflation dans nos économies depuis 2008.

Pour rappel, la menace de déflation est ce qui a guidé principalement ces différents plans de relance monétaire.

Les bilans ont été multipliés entre 3 et 6 fois quand l’inflation a été divisée par 2, la faute sans doute à l’omniprésence des services et d’internet dans nos économies...

Je vous laisse juge.

 

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