De sérieux doutes s'installent….

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°176 - 360 Hixance am

09/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

De sérieux doutes s'installent….

Depuis quelques temps, nous avions maintenu un biais haussier sur les marchés suite à la forte baisse des 3 premières semaines du mois de janvier. Cette conviction s’appuyait sur plusieurs facteurs : 1/le prix du baril de pétrole a probablement atteint un prix « plancher » et 2/ plus important, la situation globale de l’économie mondiale ne montre pas encore de signes réels de récession. Enfin 3/ les banques centrales continuent à envoyer des signaux rassurants : elles vont continuer à tout mettre en place pour soutenir l’économie mais aussi les marchés financiers, ce qui devrait éviter les risques d’un krach boursier à l’image de ce que nous avions connu en 2008. Cependant, force est de constater que la nervosité des investisseurs se justifie par le risque d’assister en 2016 à un « mauvais remake » de 2008, ce qui serait d’autant plus grave que les banques centrales n’ont plus beaucoup de munitions eu égard à des taux d’intérêt au plus bas un peu partout dans les pays développés. Ainsi, cette semaine, après la Chine, c’est plutôt l’économie américaine qui montre des signes inquiétants et est responsable d’une nouvelle dépréciation des actifs à risques.  

La semaine dernière, les indices européens ont donc assez violemment chuté : -5,44% pour l’Eurostoxx50, -4,90% pour le CAC40 et -5,22% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi le même mouvement, le Dow Jones affichant une performance de -1,59 % et le Nasdaq -5,44%. Le NIKKEI a également perdu 3,99%.

Des chiffres américains pas très enthousiasmants … !

L’économie américaine a créé 151 000 emplois en janvier, en dessous des anticipations qui étaient de 185 000, sachant que les données de décembre ont été révisées en baisse (262 000 au lieu de 292 000). Ainsi, en dépit du fait que pour la première fois depuis 2008, le taux de chômage US parvient à reculer sous les 5% (4,9%), les marchés n’ont pas marqué d’euphorie particulière, au contraire les marchés américains ont assez mal réagi. En effet, ce qui contredit ce bon chiffre apparent du chômage est le taux de participation (62,7%), niveau qui reste très faible, proche de celui des années 70. Ce taux est le pourcentage des personnes qui ont un travail ou qui en cherchent un. Ceci signifie que beaucoup de sans emplois disparaissent des statistiques. Ainsi avec le temps partiel subi, le réel taux de chômage se situerait à 9,9%, un taux inchangé. Autre facteur de fragilité, les secteurs qui ont le plus créé d’emplois sont les métiers à faible qualification et faible rémunération, par exemple la restauration et la distribution. Le secteur de l’énergie continue à détruire des emplois : depuis septembre 2014, ce secteur a perdu 146 000 emplois soit 17% des effectifs totaux. En revanche, une bonne nouvelle est intervenue, avec la hausse du salaire moyen qui progresse de 0,5% en janvier, soit une hausse de 2,5% sur les douze derniers mois. Ces éléments ont été publiés en fin de semaine après d’autres chiffres décevants. L’industrie donne quelques signes de faiblesse, les commandes industrielles ont reculé de 2,9% en décembre et le déficit commercial s’est creusé de 2,7% et de +4,6% sur l’ensemble de l’année, avec un net recul des exportations américaines. En fait, la dynamique de croissance actuelle de l’économie américaine est portée majoritairement par la consommation et le secteur des services. Aussi, les différents commentaires des gouverneurs de la Fed et les indicateurs macroéconomiques ont pratiquement réduit à néant les dernières anticipations d’une nouvelle remontée des taux en mars. La détente du 10-ans US sous les 1.9% et les futures sur Fed Funds qui n’anticipent plus qu’à 10% une possible remontée des taux en mars (18% en début de semaine et 50% au début de l’année) en témoignent. Plusieurs membres de la Fed ont adopté un discours plus prudent, car ils s'inquiètent des perturbations mondiales et des contraintes de financement de l'économie américaine. Le président de la Fed de NY, William Dudley a ainsi évoqué la dégradation des perspectives mondiales et l’appréciation du dollar qui pourraient avoir des conséquences « importantes » sur la santé de l’économie américaine.

Europe : Chiffres macros et publications de résultats mitigées.

La Commission Européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la Zone Euro en 2016 (+1.7% vs +1.8% précédemment pour 2016) et les indicateurs de la semaine ont été plutôt décevants. Les PMI manufacturiers et des services en zone Euro sont ressortis en ligne avec les attentes (respectivement 52.3 et 53.6), la faiblesse des pays ‘core’ étant compensée par l’expansion de l’activité des pays périphériques. L’indice des prix à la production de décembre dans la Zone Euro a diminué de 0.8% (vs -0.6% attendu) et le taux de chômage s’établit à 10,4% (vs 10.5% attendu ;-0.1 % vs décembre), donc en amélioration. De son côté, Mario Draghi a continué à répéter qu'il était prêt à mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour relancer l'inflation et la Banque d'Angleterre attendra avant de remonter ses taux directeurs. Si les taux des pays coeur de la zone euro restent globalement inchangés, ceux des pays périphériques subissent le mouvement d'aversion au risque et restent aussi pénalisés par les incertitudes politiques. En conclusion, la situation européenne n’est donc pas porteuse de signes très positifs non plus ; ceci est aussi confirmé par des résultats et des perspectives prudents donnés par les entreprises lors de ce début de saison de publications des résultats en Europe. On notera les publications décevantes de Crédit Suisse, UBS, Julius Baer, Luxottica, Swatch (à cause du CHF) alors que Rodamco, ING et LVMH ont fait mieux qu’anticipé. Vendredi, Volkswagen a décidé de reporter sa publication et Arcelor-Mittal a annoncé une augmentation de capital de 3 Md€. L’actualité a aussi été marquée par l’éventuel « Brexit », avec une montée des intentions de vote en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe à 45% contre 36%, ce qui est un des écarts les plus importants en dépit de quelques avancées faites par l’UE au gouvernement britannique. Ceci pourrait créer un autre facteur de volatilité pour les marchés jusqu’en juin 2016.

Un marché obligataire toujours difficile.

Les inquiétudes persistent sur le secteur bancaire européen. Elles se traduisent par une tension de nouveau importante sur les Financières et sur le secteur du Pétrole, S&P ayant placé lundi les notations du secteur sous surveillance négative dans un contexte où les principaux groupes pétroliers ont publié des résultats en très forte baisse. Point tout de même positif, après deux semaines sans opérations et un mois de janvier faible, le marché primaire Corporate a ré-ouvert en dépit de conditions de marché difficiles, et les volumes ont atteint 4 Md€. Dans ce domaine, l’annonce ce dimanche de la vente de BIG C par Casino qui va réduire la dette du groupe de plus de 3,3 Md€ devrait enlever un peu de stress sur les signatures Casino et Rallye.

Marché très difficile à lire.

Avec une telle volatilité et des éléments qui se dégradent un peu partout, nous devons désormais faire preuve d’une plus grande vigilance. Nous avons retrouvé cette semaine les points bas connus en janvier sur la plupart des marchés. Pour l’instant ces supports tiennent. Dans l’hypothèse où cette baisse continuerait cette semaine, nous devrons réduire alors nos expositions aux actifs les plus risqués car ces configurations deviendraient alors très et trop dangereuses. Mais pour l’instant, nous ne privilégions toujours pas ce scénario, des signaux positifs, notamment sur les fusions/acquisitions, sont toujours là.

 

 

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