David Charlet :« Si la réglementation ne nous casse pas, nous avons des perspectives intéressantes … »

Entretien avec David Charlet, Président et Fondateur de l’ANACOFI.

25/02/2016 - Publié par OPCVM360 dans Marché Actions

David Charlet :« Si la réglementation ne nous casse pas, nous avons des perspectives intéressantes … »

David Charlet fonde en 2004, L’ANACOFI, Association NAtionale des COnseillers FInanciers première instance française de représentation de ce que l’on appelle en Europe les « Independent Financial Advisors » (IFA) dont sont les Conseils en Gestion de Patrimoine, les Conseils en Haut de Bilan et autres Ingénieurs Sociaux mais aussi en général, les Courtiers en Assurance-Vie.

Combien avez-vous d’adhérents CGP aujourd’hui et quel type de sélection avez-vous mis en place ?

L’ANACOFI comptait 2.511 entreprises ou groupes d’entreprises cotisantes. Nous en avons environ 2.100 qui déclarent avoir une activité CGP, ce qui représente près de 3.500 conseillers et entre 10 et 14.000 emplois.

Normalement ce sont des entreprises qui ont au moins 3 statuts parmi les 4 identifiés dont celui de CIF, mais les difficultés rencontrées avec le statut d’IOBSP « Courtier » ont compliqué les choses.

La sélection se fait sur dossier et entretien.

 

Peut-on être adhérent de l’ANACOFI sans être CIF ?

Bien entendu. C’est la raison pour laquelle, comme d‘autres, nous avons créé l’ANACOFI-CIF qui elle, ne regroupe que des CIF.

Mais l’ANACOFI est la principale organisation nationale de Courtiers/conseils en Assurance, banque et finance. Elle est la plus importante organisation dans chaque domaine, sans imposer d’avoir tous les statuts. Cependant il est clair qu’avec 2.315 entreprises CIF et 84% de nos membres qui disent faire de la Gestion de Patrimoine, nous avons une couleur et une culture marquées. 

 

Il semblerait que certains cabinets renoncent au statut de CIF, trop contraignant, pour devenir courtier COA. Pouvez-vous me confirmer cette information et le pourcentage de cette mutation ?

A cette heure, rien ne confirme ce bruit de couloirs. Il est clair que certains l’abandonnent, mais le solde est positif car beaucoup le rejoignent. Il est concrètement impossible de faire une prestation complète de CGP sans ce statut et il représente 10 à 20% des Chiffres d’Affaires soit, environ la marge des cabinets. On voit mal une entreprise se passer de sa marge. Par ailleurs, la réglementation COA correctement appliquée est assez contraignante et imposera prochainement 15h de formation annuelle contre 7h pour le CIF alors, moins contraignante … c’est à voir.

 

Vous avez des Présidents de Régions. Couvrez-vous toutes les régions ? Pouvez-vous me définir le rôle du Président de Région ?

C’est une autre association qui a des Présidents de Régions. En ce qui nous concerne, nous avons 29 animateurs de villes ou départements qui peuvent élire un représentant/responsable régional, administrateur pour 6 ans.

Ils ont un rôle d’animation, de remonté et redescente d’information, d’aide au bon fonctionnement de notre Tour de France et plus généralement, de représentation locale.

Donc, oui, je vous le confirme, nous couvrons et animons la France entière avec l’équipe et organisons de ville en ville,  plus de 150 journées de formations et d’évènements, chaque année.

 

Quelles sont les avancées des travaux de l’ANACOFI sur MIFID2 et les principales négociations actuelles auprès de Bercy, Bruxelles et l’AMF ?

Dans les tuyaux nous avons déjà 7 textes en consultation juste entre janvier et mars de cette année, dont ceux sur la réforme du statut des IOBSP, le projet d’Union des Marchés de Capitaux, REFIT ou encore, le numérique dans nos métiers. A cela s’ajoutent sur la même période 3 projets ministériels ou des régulateurs auxquels nous sommes associés. Et on nous annonce au moins 4 autres chantiers majeurs à court terme, parmi lesquels naturellement MIFID et DDA mais aussi la réforme de la formation en immobilier ou pour les IOBSP ou encore, les nouvelles règles de médiation B to C.

 

Ne pensez-vous pas que le nombre d’associations représentatives de votre profession peut ralentir les négociations et travaux en cours ? Ne serait-il pas préférable pour défendre la profession de parler d’une seule voix en regroupant les 3 ou 4 associations les plus représentatives ?

Il n’y a aucun rapport entre nombre et rythme dans des négociations actuellement essentiellement européennes. A Bruxelles, ce sont les 2 supra organisations de nos métiers qui comptent et la poignée de directement identifiées par la Commission dont ne sont que 2 organisations françaises dont est l’ANACOFI et qui ont toujours, avancé dans le même sens.

Pour le reste, nous sommes en France, pays de la liberté de créer une organisation de représentation et on nous parle de fusionner des entités qui à l’évidence ne le souhaitent pas et ne sont pas des « autorités ». Dans aucun métier comparable et dans aucun pays, il n’existe une seule organisation car il peut exister de réelles différences parfois simplement d’ambiance mais aussi, de conception des choses. Si tous les professionnels voulaient une seule association, ils seraient tous dans une organisation. Par ailleurs, nous avons proposé de nombreux schémas collaboratifs, tous rejetés et avons essayé d’intégrer une autre association il y a quelques années. Sa direction et ses membres ont refusé. Idem, plus discrètement en 2015. Nous avons par contre intégré 2 syndicats en 10 ans. Donc il se passe des choses contrairement à ce que beaucoup pensent. Et il n’est pas neutre de considérer qu’aujourd’hui l’ANACOFI c’est presque 50% des entreprises syndiquées dans 3 univers, dans lesquels on trouve 8 à 10 autres structures de représentation pour les 50/55% restants. Nous siégeons partout et avons l’organisation de nos métiers qui a le plus de moyens et de postes en Europe.

Maintenant sur le fonds, je pense qu’il devrait y avoir non pas une dizaine d’organisations mais au maximum, une par spécialité et une par statut, ce qui amènerait à 5, plus une pluridisciplinaire et pluri-métiers, ce qu’est l’ANACOFI.

Mais nous parlons de représentativité et il faut assurer celle de tous, dans le respect des différences, pas de régulateurs centraux, pour lesquels en effet, il faut un nombre le plus proche possible de 1.

 

Quel est le nombre annuel de cabinets contrôlés et combien sont radiés ?

Environ 300 cabinets sont contrôlés chaque année et nous avons eu des pics vers 450.

En 2015 entre trente et quarante cabinets ont été sanctionnés et  six radiés, auxquels il faudrait rajouter ceux qui ont démissionné du fait de sanctions qui se précisaient, ce que nous ne saurions quantifier avec certitude.

 

L’année dernière lors de votre convention, vous avez déclaré qu’il s’agissait de votre dernier mandat. Que ferez-vous dans l’hypothèse où vos adhérents vous demanderaient de vous représenter ?

Mon Conseil d’Administration m’a déjà demandé de ne pas rendre tous mes mandats en 2017. Je rendrai donc les mandats de Président de l’ANACOFI Assurances et de l’ANACOFI-CIF, qui est l’un des plus lourds, mais resterai pour un mandat, Président de la Confédération, c’est-à-dire de l’ANACOFI, jusqu’en 2020. L’idée est d’assurer la fin de la négociation des textes métiers et de gérer sereinement le passage de témoin. Que ferais-je si mes membres me le demandaient de rester ? A un moment il faut passer le relai et le faire bien et aux bonnes personnes. Si c’était la catastrophe ou que personne ne semblait capable et qu’en plus, je n’étais pas passé à une autre aventure professionnelle, il serait toujours possible d’imaginer revenir. Mais très franchement, je ne pense pas être et j’espère ne pas être le seul à pouvoir diriger une grande organisation professionnelle.

 

Quel regard portez-vous sur les Fintech et l’avenir de votre profession ?

Le métier se développe. Nos entreprises gagnent des parts de marchés depuis plus de 10 ans et le Chiffre d’Affaires moyen a plus que doublé. Pour autant la médiane a baissé brutalement en 2013, signe d’un affaiblissement relatif des petits. J’attends les chiffres de 2015 pour y voir plus clair, après un léger redressement en 2014. Si la réglementation ne nous casse pas, nous avons des perspectives intéressantes, même si notre sujet d’inquiétude, ce sont les marges. Les Fintech sont une des réponses à cette inquiétude.

Il ne sert à rien d’avoir peur de la révolution technologique de votre métier. Il faut s’y adapter et si possible, la piloter au bénéfice de tous. Pour bien le faire, nous avons lancé une grande étude sur le sujet, en partenariat avec le Pôle Finance Innovation.

www.anacofi.fr/fr/

Propos recueillis par Chris Rhand – OPCVM360 

  

 

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