Croissance ralentie et Brexit : rien n'épargne les investisseurs

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°178

22/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Croissance ralentie et Brexit : rien n'épargne les investisseurs

Croissance ralentie et Brexit : rien n’épargne les investisseurs

Nouvelle forte volatilité des marchés cette semaine, cette fois avec une tendance positive qui apporte quelques conclusions intéressantes. Tout d’abord, les faibles niveaux que nous venons de connaître sur les marchés actions le 11 février, nous apparaissent comme des points bas atteints. Ceci ne signifie pas pour autant que nous n’allons pas les retrouver car la situation économique, politique et géopolitique ne donne aucun feu vert à court terme, bien au contraire. Mais, en dépit de cette forte volatilité, les marchés ont le potentiel de retrouver sur l’année, des points hauts autour de 4500 points pour le CAC 40 ou 3300 pour l’Eurostoxx50. Nous reviendrons sur les hypothèses qui nous permettent d’arriver à ces conclusions. En synthèse, cette semaine a montré d’une part que les banques centrales ont réaffirmé leur volonté de soutenir l’économie et les marchés financiers, d’autre part que des discussions avaient bien lieu sur la question du prix du pétrole entre les producteurs, même si les conclusions sont assez peu claires. Enfin, la publication des résultats des entreprises continue à être assez conforme aux attentes mais le contexte macro-économique mondial devient plus délicat, l’OCDE ayant fortement réduit ses prévisions de croissance du PIB en 2016.
La semaine dernière, les indices européens ont donc fortement progressé : +4,17% pour l’Eurostoxx50, +5,71% pour le CAC40 et +4,69% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi le même mouvement, le Dow Jones affichant une performance de -+4,67 % et le Nasdaq +5,57%. Le NIKKEI a lui aussi fortement progressé à +6,79%.

  

L’OCDE abaisse ses prévisions et demande une révision des politiques économiques

« La croissance de l'économie mondiale ne sera pas plus rapide en 2016 qu'en 2015, les échanges et l'investissement étant faibles. L'atonie de la demande se traduit par une inflation basse et une progression inadéquate des salaires et de l'emploi ». Le message de l’OCDE est clair et un peu alarmiste. Les effets négatifs les plus marqués étant attendus aux États-Unis, dans la zone euro et dans les économies liées aux exportations de produits de base comme le Brésil et le Canada. L’organisme confirme les risques d’instabilité financière. Son chef économiste, Catherine L. Mann, a aussi mis en garde : « Compte tenu des risques à la baisse importants que représentent la volatilité du secteur financier et la dette des économies émergentes, les pouvoirs publics doivent renforcer leur action collective de toute urgence, en recourant à la politique budgétaire et aux politiques structurelles propices à la croissance, afin de dynamiser l'expansion économique et de réduire les risques financiers.» Maintenant, ne dramatisons pas, il n’y a pas récession. Selon les prévisions, l'économie mondiale enregistrera une croissance de 3 % cette année et de 3,3 % en 2017. Le taux de croissance s'établira à 2 % cette année et à 2.2 % en 2017 aux États-Unis. La croissance économique de la zone euro devrait s'élever à 1,4 % en 2016 et à 1,7 % l'année prochaine (Allemagne + 1,3 % et +1,7 % en 2017, France +1,2 % puis +1,5 % en 2017, Italie +1 % et +1,4 % en 2017). En Chine, où devrait se poursuivre le rééquilibrage de l'économie du secteur manufacturier vers les services, le PIB va augmenter de 6,5 % en 2016 et de 6,2 % en 2017. L'Inde conservera une croissance forte, qui devrait s'élever à 7,4 % en 2016, puis à 7,3 %. Le Brésil est plongé dans une grave récession, et son économie devrait se contracter de 4 % cette année et commencer à sortir de cette récession l'année prochaine. Selon l'OCDE, les politiques monétaires devraient conserver une orientation très expansionniste dans les économies avancées, jusqu'à ce qu'il apparaisse clairement que l'inflation évolue durablement vers les objectifs officiels. Dans les économies émergentes, les autorités monétaires devraient mener une politique de relance en tenant compte de l'évolution de l'inflation et des réactions des marchés de capitaux. Cette réflexion des économistes de l’OCDE est reprise d’ailleurs par le mouvement « QE for people » qui demande à ce que les banques centrales donnent de l’argent directement aux ménages et aux entreprises plutôt qu’aux banques et aux investisseurs puisque l’argent reste bloqué dans le système financier sans relancer la sphère productive. 

 

Pourrions-nous assister à une nouvelle crise financière ?

Les marchés continuent à s’inquiéter de la possibilité d’une nouvelle crise financière. Les risques politiques augmentent en effet en Europe (Portugal, Espagne, Brexit), de même que les questions géopolitiques (tensions venant de la crise des réfugiés). Aujourd’hui s’ajoutent le ralentissement de la croissance et la solidité du système bancaire (Italie, effets du bail-in). Nous restons convaincus que ceci ne peut pas déclencher une crise grave car les déterminations politiques sont fortes pour éviter ce scénario et les banques centrales ont réaffirmé cette semaine la mise en place de soutien. Il existe aussi un excès d’épargne (excédent extérieur) dans beaucoup de pays et la croissance, même en repli, est désormais solide. La situation financière des banques reste bonne en dehors de certaines petites banques italiennes, mais ce risque doit pouvoir être géré en interne. Les marchés financiers de la zone euro ont aussi été fragilisés depuis le printemps 2015 par le risque de dépréciation du RMB chinois et par la baisse du prix du pétrole. Là encore, des signes positifs existent : les autorités chinoises ont réaffirmé qu’elles n’utiliseront plus la dépréciation du RMB comme arme politique et économique. Enfin, nous optons toujours au moins pour une stabilisation du prix du baril de pétrole. Ce dernier a décroché en fin de semaine. L’accord de gel de la production par les quatre principaux producteurs a été jugé décevant. Cependant, le renforcement du dollar lié notamment à des indicateurs meilleurs qu’attendus a entraîné un retournement de cette dynamique. Finalement, le pétrole a fini la semaine à 29.28$. Le ministre du pétrole russe a estimé qu'une résorption de moitié du déséquilibre offre/demande était possible même en cas de non coopération de l'Iran. 

Du côté des politiques monétaires, la poursuite du resserrement monétaire de la Fed reste probable pour juin 2016. Le taux d'inflation CPI est ainsi ressorti à +1,4% en janvier et au-dessus des attentes. Retraitée des éléments plus volatils, l'inflation cœur s'affiche à +2,2% avec l'impact combiné de la hausse des prix des soins de santé et de l'immobilier. Ainsi, la hausse de l'inflation commence à se matérialiser par le biais des augmentations salariales. 

 

Vers une légère consolidation ?

Au niveau des résultats, sur les 419 sociétés du S&P 500 qui ont publié, 68% d’entre elles ont dépassé les attentes de BPA, en ligne avec la moyenne des quatre derniers trimestres. De son côté, Wal-Mart a  publié des chiffres en dessous des attentes. A l’inverse, Priceline et Coca-Cola ont annoncé de bons résultats. En Europe, on notera les bons résultats d’entreprises, notamment ceux de Renault, Michelin, EDF, Crédit Agricole, Beiersdorf, BAE Sytems, Kering et Air France. Certaines entreprises ont déçu : Air Liquide, Nestlé, Essilor et Allianz. Le compromis entre l’Europe et  la Grande-Bretagne reste assez fragile. En conclusion, marché toujours très difficile et il faut à nouveau compter sur une hausse de la volatilité. Concrètement, une consolidation est très probable cette semaine mais ce sera l’occasion de revenir à l’achat sur un certain nombre de valeurs délaissées.

 

 

 

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Avant d’investir, consulter au préalable le descriptif complet et exact des caractéristiques des fonds et des risques associés disponible dans le prospectus et le DICI du FCP sur notre site internet,www.360hixanceam ou sur simple demande auprès de la société 360 Hixance AM, 22, rue des Capucines, 75002 Paris

 

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.14 M€ -0.26 % -1.71 %

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