Comment détruire l'économie Allemande?

24/02/2014 - Publié par ACATIS INVESTMENT GMBH dans Marché Allocations d'actifs

Comment détruire l'économie Allemande?

 

Le billet mensuel du Docteur Leber – Février 2014

Comme tous les mois, voici le billet mensuel du docteur Leber, fondateur d’ACATIS, société de gestion indépendante allemande.

Charlie Munger, le partenaire de Warren Buffett, aime à citer le mathématicien allemand Carl Gustav Jacob Jacobi : « Il faut toujours inverser / Invert, always invert ». Inverser un problème offre quelquefois sa solution.

Prenons donc l’exemple de l’économie allemande :

L’économie allemande se porte bien. Le rapport de la Bundesbank de décembre 2013 fait apparaître un bénéfice de 207 milliards d’euros pour des fonds propres des entreprises allemandes d'assez exactement 1 billion d'euros (2012) ; soit un rendement des fonds propres d'environ 20,5%. Pas mal ! En outre, ces entreprises génèrent 51 milliards d’euros d'impôts sur les bénéfices et 58 milliards d’euros d'impôts sur la consommation. Leurs coûts de personnel totalisent 862 milliards d’euros.

Et maintenant, posons la question inverse : comment détruire l’économie allemande ?

Certes la politique peut fortement y contribuer comme par exemple en laissant en suspens la question de la distribution d’énergie, en confrontant à la réalité des élèves incapables de maîtriser l’orthographe, en forçant des employés à partir prématurément à la retraite ou en faisant fuir les entrepreneurs à l’étranger par une sorte de chasse aux sorcières comme par exemple dans la cas de Reinhold Würth.

(N.B : Reinhold Würth est le fondateur et le patron du Groupe Würth, premier distributeur mondial en matériel de fixation et assemblage aux professionnels, groupe de 62 000 salariés. Il a fait l’objet d’une polémique au sujet d’un yacht acheté sur ses deniers personnels avant la crise et dont il a pris possession l’année où il a mis demandé des efforts à ses salariés.)

Mais les excès du fédéralisme et les mesquines jalousies intra-allemandes sont tout aussi destructeurs. Un de nos chercheurs étudie actuellement le sujet de « l’Internet des objets ». En Allemagne, nous ne sommes pas mauvais dans ces technologies, qu’il s’agisse de feux de circulation, de robotique industrielle ou de systèmes de bus de commande en technique des bâtiments. Nous pourrions même être le leader mondial de ces nouvelles branches. Cependant l’échec repose fréquemment sur les petites jalousies, l’altération de l’investissement et de l’usufruit, le manque de normes, l'absence de soutien public. Peu de secteurs allemands disposent d’une force de frappe globale. Ainsi les constructeurs de voitures allemands peuvent faire front à la voiture sans conducteur développée par Google. Mais dans d’autres branches, nous agissons « au ras des pâquerettes ». Ainsi, les sociétés allemandes restent des inventeurs astucieux qui ne s’imposent pas à l’international ou qui ne monétisent pas leurs inventions. La télécopieuse inventée en Allemagne par Hell ou encore le format mp3 en sont de parfaits exemples.

Le décollage... c’est pour quand ? Quelle ville allemande est prête à présenter le trafic urbain du futur et à y investir ce qu'il faut ? Quelle régie municipale allemande est prête à promouvoir la domotique ?

Nous sommes incapables de transférer le génie inventif allemand dans le monde réel. Et ces thèmes n’apparaissent qu’à la marge dans le contrat de coalition du nouveau gouvernement allemand.

 

En conclusion :

Pour l’Allemagne, mais aussi pour l’Europe, il est important de maintenir la compétitivité économique. L’État doit se retrancher dans son rôle naturel et le jouer correctement, notamment en termes d’infrastructures, de cadre juridique et d'éducation. L'État et les entreprises devraient réfléchir à comment utiliser dans l'intérêt général l'immense savoir engrangé en Allemagne. 

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