COGEFI : Les raisons d'une stratégie 2015 optimiste

L'analyse de Lucile Combe, directeur général de Cogefi

09/02/2015 - Publié par COGÉFI GESTION dans Marché Actions

COGEFI : Les raisons d'une stratégie 2015 optimiste

Que nous réserve 2015 ? Si complexité et volalité devraient rester de mise, le palmarès pourrait cependant être bien différent de 2014. Nous restons en effet convaincus que la croissance européenne nous réservera de bonnes surprises et privilégions plus que jamais les actions de la Zone Euro dans notre allocation d’actifs.

La volatilité perdurera notamment du fait des risques politiques en Zone Euro qui viendront baliser l’année 2015 : nécessaire résolution de l’équation grecque dans les semaines à venir à la suite de l’élection du parti Syriza, élections au Royaume-Uni en mai, puis au Portugal et en Espagne en fin d’année. Par ailleurs, nous ne sous-estimons pas les risques liés aux déséquilibres financiers et commerciaux engendrés par l’effondrement des prix du pétrole qui toucheront les pays exportateurs comme la Russie, le Venezuela, l’Indonésie ou le Moyen-Orient, ni même l’impact potentiel du changement de politique monétaire de la banque centrale américaine en deuxième partie d’année. Cependant, le potentiel d’appréciation en Europe nous semble bien réel.

Pourquoi tant d’optimisme ? Malgré les déceptions sur le rythme de reprise de la croissance, la Zone Euro est bel et bien sortie de récession en 2014. La croissance a6endue en 2015 par le consensus (autour de 1%) reste très modeste et nous anticipons qu’elle devrait être révisée à la hausse en cours d’année, générant, à l’inverse de 2014, un momentum positif. Ce phénomène devrait être encore plus marqué pour les sociétés européennes et se traduire par une hausse de plus de 10% des bénéfices.

La croissance et les entreprises européennes vont en effet bénéficier en 2015 d’une conjonction exceptionnelle de quatre éléments favorables et synchronisés, jamais rencontrés :

La baisse d’ampleur et durable de l’euro face aux principales devises, qui redonne de la compétitivité aux entreprises exportatrices et améliore par effet de conversion les résultats réalisés.

l’effondrement du prix du pétrole qui va générer une hausse du pouvoir d’achat importante pour les consommateurs des pays importateurs et des baisses de coûts non négligeables pour nombres d’entreprises.

La mise en place du QE (Quantitative Easing) de la BCE sur la base d’achats d’actifs pour 60 Mds d’euros par mois jusqu’en septembre 2016. Au-delà de l’effet « confiance » généré, la politique monétaire non conventionnelle de la BCE va permettre de maintenir durablement les taux à des niveaux historiquement bas. La reprise des crédits au secteur privé devrait en être facilitée.

l’afflux de liquidités lié à l’action de la BCE qui devrait générer plus d’appétence au risque et se transme6re progressivement à la classe d’actifs actions. Une résolution intelligente du cas grec, avec son maintien dans la Zone Euro, devrait permettre le retour des investisseurs étrangers et pourrait même entrainer une appréciation des multiples de valorisation.

Ces éléments, à eux seuls, devraient engendrer au moins 0.8 point de croissance pour la Zone Euro. De quoi rendre le consensus plus qu’atteignable !

Les États-Unis démarrent à l’inverse sur un rythme de croissance élevé et une confiance très forte de la planète financière concernant sa pérennité. Si nous n’avons pas d’inquiétudes majeures pour l’économie américaine, le potentiel de bonnes surprises nous semble dorénavant plus limité. La hausse du dollar commence à impacter les résultats de certaines entreprises américaines.

Si la baisse du prix du pétrole est très positive pour le consommateur, elle affectera les perspectives et les résultats de l’industrie pétrolière au sens large dont le poids n’a pas été négligeable dans l’accélération de l’investissement. Enfin, l’économie et les marchés américains devront s’adapter au changement de politique monétaire de la FED et intégrer la hausse des taux directeurs.

La fin de l’année pourrait donc être plus perturbée du côté américain. La croissance chinoise devrait selon nous se stabiliser (autour de 7%) mais avec une composante consommation plus forte qu’auparavant. La banque centrale chinoise devrait poursuivre son activisme ciblé. Ainsi, avec le Japon, l’Asie devrait bénéficier de politiques monétaires expansionnistes et d’afflux de liquidités, environnement généralement favorable aux actifs risqués.

Dans ce contexte, la sélectivité dans le choix des valeurs et des thèmes d’investissement reste de mise. Notre stratégie privilégie :

Les secteurs bénéficiant de l’amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs, tels que l’hôtellerie-loisirs, l’automobile et les équipementiers autos, les médias, les semi-conducteurs ou encore les télécoms.

Les valeurs de rendement, à dividende pérenne dans un contexte de taux bas et de rendements plus que faibles des obligations.

La thématique M&A qui devrait rester porteuse au regard des conditions de financement historiquement attractives.

Les entreprises bénéficiant d’un certain pricing power et de capacités d’innovation face à un environnement désinflationniste. L’année 2015 pourrait ainsi se révéler être l’opposée de la précédente, avec une surperformance des actions européennes vis-à-vis des actions américaines, d’autant que les entreprises en Europe sont en retard dans le cycle des bénéfices.

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