CHUTE DES COURS DU PETROLE : UNE BENEDICTION POUR L'ECONOMIE DE LA ZONE EURO

L'analyse de Petercam Private Banking

12/01/2015 - Publié par PETERCAM MANAGEMENT SERVICES dans Marché Actions

CHUTE DES COURS DU PETROLE : UNE BENEDICTION POUR L'ECONOMIE DE LA ZONE EURO

Trônant encore à 115 dollars en juin dernier, le baril de pétrole s'est depuis effondré pour s'établir aux alentours de 50 dollars. Une chute spectaculaire qui n'a pas été sans susciter quelques craintes, de tels mouvements ayant souvent été, par le passé, symptomatiques de l'état de l'économie mondiale. C’est moins le cas aujourd'hui. Si l'économie mondiale n'est certes pas un modèle de santé au vu des trop nombreuses régions luttant encore contre les séquelles de la crise de 2008-2009, elle ne s'est pas moins redressée progressivement ; ce qui ne cadre donc pas avec l'effondrement des cours du pétrole.

En réalité, ce dernier est davantage lié à des problèmes d'offre sur le marché pétrolier, et en particulier à la prise de conscience que l'OPEP a fondamentalement perdu son pouvoir de cartel. Les inquiétudes selon lesquelles la chute des cours du pétrole serait le signe d'une faible demande mondiale sont à cet égard exagérées. Au contraire, pour des pans importants de l'économie mondiale, et en particulier pour les principaux marchés développés, la baisse des cours du pétrole sera clairement positive, à commencer pour la zone euro.
 
L'impact immédiat de la baisse des cours du pétrole transparaît dans l'inflation générale, celle-ci étant notamment passée en dessous de zéro en décembre dans la zone euro. Mais cette inflation négative ne doit pas être confondue avec une dangereuse déflation. Le recul de l'inflation en raison de la baisse du prix des matières premières est un problème passager. Si les prix du pétrole se stabilisent à leur niveau actuel, l'inflation générale dans la zone euro restera probablement négative au cours des six à neuf prochains mois avant de redevenir positive. Une déflation dangereuse est davantage liée à un manque de demande globale conduisant à une chute du niveau général des prix dans l'économie.

La zone euro n'en est pas encore là, même si elle n’en est malheureusement plus très loin. Cela transparaît parfaitement dans l'inflation structurelle, qui exclut les prix volatils des aliments et du pétrole notamment, et se maintient à 0,8%, un niveau toujours positif mais aussi dangereusement faible. Et c'est la raison pour laquelle la BCE doit agir d'urgence et avec force pour réduire le risque de déflation dangereuse dans la zone euro.
 
La zone euro étant un grand importateur de pétrole, la chute des cours du baril est clairement une bonne nouvelle pour la région. Elle implique en effet non seulement une hausse du pouvoir d'achat pour les consommateurs, mais aussi une baisse des coûts pour les entreprises. Les sociétés liées à la production de pétrole seront de toute évidence durement touchées, mais elles ne représentent qu'une petite minorité dans la zone euro et au Japon, et même aux États-Unis (où le secteur du schiste sera touché), les gagnants seront plus nombreux que les perdants. Globalement, les pays du G7 devraient tirer sensiblement profit du recul des cours du pétrole. De son côté, la zone euro devrait bénéficier d'un bonus de croissance de 0,5% environ en 2015, ce à quoi il convient encore d'ajouter l'effet positif substantiel de la baisse de l'euro. Au total, la région semble se diriger vers une croissance du PIB d'environ 1.3% en 2015.
 
Malgré toutes les informations (économiques et politiques) inquiétantes sur la région, la baisse des cours du pétrole et la dépréciation de l'euro devraient donc permettre à l'économie de la zone euro de surprendre positivement en 2015, ce qui constituerait clairement un changement par rapport à un passé récent.

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