Chiffres moins bons aux US = Hausse des marchés financiers !

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

08/04/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Chiffres moins bons aux US = Hausse des marchés financiers !

Fin de trimestre haussier pour la plupart des places financières européennes, ce qui leur a permis d’enregistrer des hausses très importantes et relativement inespérées : l’Eurostoxx 50 par exemple progresse de +18% depuis le 1er janvier.

Ceci représente une hausse de la capitalisation boursière européenne de 665Mds €, conséquence de l’injection potentielle de 1 140 Mds € de la BCE dans les marchés. Le premier effet immédiat de ces mesures a été la baisse des taux souverains 10 ans allemands et français à respectivement 0,18% et 0,46%, mais ceci a surtout contribué à servir de moyens financiers bon marché aux investisseurs.

Ces derniers se portent d’ailleurs de préférence vers les actions pour rechercher des rendements plus élevés. Les performances de la semaine dernière, écourtée, ont été assez disparates : C’est Londres qui a le plus souffert en Europe avec -0,31% pour le FTSE 100 alors que le CAC 40 a gagné au final +0,79% et l’Eurostoxx50 +0,98%. Du côté américain, les marchés ont assez peu évolué, +0,28% pour le Dow Jones et -0,08% pour le Nasdaq alors que le Nikkei a enregistré une hausse de +0,77%. 

Emploi US plus faible et toujours pas de hausse des salaires

Vendredi dernier en dépit de la fermeture des marchés, la publication des statistiques des chiffres mensuels de l’emploi a déçu avec seulement 129 000 créations de postes dans l'économie américaine en mars (vs 245 000 attendus) et des révisions à la baisse sur les deux mois précédents. Sur le premier trimestre, la moyenne mensuelle des créations d’emploi est tombée à 197 000 contre 324 000 au dernier trimestre 2014.

L’industrie, la construction et le secteur pétrolier ont réduit leurs investissements et le taux de chômage, calculé à partir de l'enquête auprès des ménages reste inchangé, à 5,5%, en ligne avec les attentes. Le salaire horaire progresse de 0,3% (+0,2%) en mars et de 2,1% sur un an, ce qui dénote toujours l'absence d'accélération réelle de hausse des salaires qui s’explique par la faiblesse du taux de participation (part des américains qui ont un emploi ou qui en recherchent réellement un) à 62,7%. Les statistiques publiées ce lundi ont été un peu meilleures : l'ISM non manufacturier ressort à 56,5 en mars en ligne avec les attentes, toujours à un niveau élevé après 56,9 en février. 

La progression des indices américains ce lundi résulte de l’hypothèse d'un report dans le temps de la première hausse des taux alors même que l'activité américaine reste solide et en mesure d'accélérer d'ici la fin de l'année après un T1 mitigé à cause d’effets négatifs liés à une météo défavorable. Le président de la FED de New York, W. Dudley, a ainsi déclaré ce week end que la FED doit s'assurer que la récente faiblesse de l'économie américaine ne présage pas d'un ralentissement plus significatif. Il estime cependant que des facteurs temporaires sont à l'œuvre « dans une large mesure ».

Outre cette réaction, l'autre événement est le rebond des cours du pétrole avec le WTI qui s'installe à nouveau au-dessus des 50$ . Le brut résiste donc très bien à l'annonce d'un accord sur le nucléaire iranien, les intervenants considérant qu’il reste beaucoup d’obstacles avant que les exportations de pétrole ne progressent en Iran. Le S&P Energy a marqué la plus forte hausse sectorielle aux US ce lundi (+1,8%). Avant d’avoir une réelle intervention de la FED, les taux américains et le dollar risquent d’être sous pression au cours de ce deuxième trimestre.

Quelques signes positifs en Europe : Grèce et France

Alors que le 10 ans grec se situe autour de 11,5%, Y. Varoufakis, le ministre des finances a indiqué que son pays trouvera un accord d'ici au 24 avril, jour de l'Eurogroupe. Lors d'une rencontre avec C. Lagarde, il a déclaré que la Grèce comptait honorer « toutes ses obligations », dont le prêt de 450m du FMI qui arrive à échéance le jeudi 9 avril. Les craintes autour d’un défaut grec devraient donc se réduire assez fortement.

Côté français, alors que la reprise se confirme suite au soutien du prix du pétrole et à la dépréciation de l'euro contre le dollar, une spirale positive ne pourra s'enclencher que si l'investissement accélère. Matignon va ainsi détailler mercredi son plan de soutien à l'investissement public et privé, dont les grandes lignes ont déjà été annoncées vendredi. Les mesures devraient être concentrées sur l'industrie, les biens de production et les PME (incitations fiscales pour les entreprises, créations d'un fond d'investissement pour les PME, mobilisation de la banque publique d'investissement, soutien à l'investissement des collectivités locales).

Les entreprises qui décideront d'accélérer leur projet se verront accorder un dispositif fiscal qui améliorera leur trésorerie ainsi que la rentabilité de l'opération » (renforcement des amortissements accélérés). Toutefois la question du financement reste entière, le gouvernement ne devant pas dévier de la trajectoire de réduction du déficit public. 

Marchés toujours en hausse ?

La hausse se poursuit et nous avons globalement remonté assez légèrement nos niveaux d’exposition afin d’accompagner ce mouvement. Toutefois, nous maintenons un biais toujours négatif considérant que les valorisations sont tendues et la publication des chiffres du T1 pourrait être sanctionnée. 

 

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