Chercher l'erreur !

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°184

18/04/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Chercher l'erreur !

Le pétrole a été le principal facteur explicatif de la forte progression des  marchés la semaine dernière. En milieu de semaine, le cours du baril de Brent  a frôlé les 45 $, soit un plus haut des 4 derniers mois, au-dessus du point  bas des 27 $ touchés fin janvier, spéculant sur la réunion de Doha, rencontre  entre une quinzaine de pays producteurs membres ou non de l’OPEP, qui se sont  réunis ce dimanche. L’objectif de cette réunion était d’équilibrer l’offre et  la demande puisque l’effondrement des prix du pétrole est dû à un excès de  l’offre et non à un problème de demande. Cette dernière continue de  progresser en dépit d’un ralentissement de la demande chinoise. La raison de  ce maintien tient à ce que 50% de l’utilisation du pétrole est liée au  transport et dans ce domaine, il n’y a pas réellement d’alternative. La  demande reste donc toujours très forte. Aussi, il existe dans la réaction des  marchés financiers une certaine incongruité, mais ce n’est pas la première  fois qu’ils n’obéissent plus à une rationalité. Pour les pays européens en particulier, un prix bas du pétrole est plutôt favorable à l’économie et aux  entreprises consommatrices de matières premières. En conséquence, le lien qui  conduit à ce que les marchés financiers soient corrélés à l’évolution du prix  du pétrole n’est pas évident du point de vue de la théorie économique. Les  effets d’un pétrole bas sont favorables aux investissements et à la  consommation. La seule explication qui permet de comprendre pourquoi les  marchés financiers progressent lorsque le prix du pétrole monte est que cela diminue les déficits budgétaires des pays producteurs de pétrole, incitant  les fonds souverains de ces pays à moins vendre les actifs à risques  accumulés dans leurs portefeuilles. 
La semaine dernière, les indices boursiers ont donc fortement progressé :  +4,89% pour l’Eurostoxx50, +4,46% pour le CAC40 et +4,46% pour le DAX. Les  marchés américains ont suivi un mouvement identique mais dans une moindre  ampleur, le DJ affichant une performance de +1,82% % et le Nasdaq +1,80%. Le NIKKEI a lui aussi fortement progressé à +6,49%.

Réunion de Doha, l’accord n’a pas eu  lieu !


Seize nations  représentant environ 50% de la production pétrolière mondiale se sont  rencontrées ce dimanche à Doha. L’objectif était de mieux coordonner la  production de pétrole entre les pays membres de l’OPEP et les non membres,  afin de prolonger la remontée des prix. Point négatif qui risque de faire  revenir le prix du baril à ses niveaux les plus bas, il n’y a pas eu  d’accord. Concrêtement, tous les pays membres de l’OPEP ont participé aux  discussions, sauf la Lybie (non présente) ainsi que 4 non membres : Oman, la Colombie, l’Azerbaïdjan et la Russie. En fait, l’accord a échoué en raison de  la volonté de l’Arabie Saoudite d’obliger l’Iran à ne pas augmenter sa  production de pétrole. Le dernier accord du 16 février entre la Russie, l’Arabie Saoudite, le Vénézuela et le Qatar pourrait devenir lui aussi  caduque. Ces pays s’étaient ainsi engagés à geler provisoirement leur  production avec en perspective une entente plus large à terme. C’est d’ailleurs cet accord qui a permis au pétrole de rebondir fortement, +50%.  Les dernières décisions remontaient à novembre 2014, lorsque l’OPEP, pour  défendre ses parts de marché en particulier contre les Etats-Unis et le  Canada, avait décidé d’accroître sa production. Cette stratégie a pénalisé  les producteurs ayant les coûts les plus élevés : ils ont dû fermer des puits  et diminuer leurs investisements. Les principales compagnies pétrolières et  parapétrolières ont alors lancé de vastes plans de restructuration ;  certaines ont même été contraintes de procéder à des augmentations de capital  pour désserrer une contrainte financière de plus en plus lourde. L’autre  implication négative se situe aussi au niveau des iniateurs de cette  stratégie puisque ces derniers ne peuvent plus couvrir leurs dépenses. Bref,  cette guerre des prix et cette volonté de maintenir des parts de marché  devenaient très douloureuse pour tous les protagonistes. Doha vient donc de confirmer la volonté de l’Arabie Saoudite de rester hégémonique dans la zone  (largement contre l’Iran) et de ne plus vouloir soutenir les cours du  pétrole. Ainsi, l’échec politique de cet accord tient à la non présence de  l’Iran. Ce dernier pays veut en effet poursuivre sa montée en puissance dans  l’offre pétrolière et atteindre une production de 1 millions de barils par  jour alors que l’Arabie Saoudite ne lui en concèderait que la moitié. Cette  situation va faire nettement baisser le baril de pétrole en direction de ses  plus bas niveaux, redonnant ainsi des primes de risques élevés aux high yield  US, en raison des risques liés aux entreprises qui produisent du gaz et du  pétrole de schiste.
Cela ne devrait pas modifier l’équilibre réel entre l’offre et la demande.  Côté demande, l’Agence Internationale de l’Energie table pour 2016 sur une croissance  de la consommation de +1,2%, soit 1,2 millions de barils par jour. Cette  progression serait tirée par la Chine et l’Inde. Côté offre, les Etats-Unis  ont diminué leurs productions (en 18 mois 78% des plates-formes de forage ont  été arrêtées), le Nigeria est aussi en baisse de production, donc l’excédent  de production devrait se résorber à condition que l’Iran n’inonde pas le  marché pétrolier. La prochaine réunion de l’OPEP est prévue le 2 juin 2016.  D’ici là, il y aura certainement un fort retour de la volatilité.

Chiffres économiques et résultats  d’entreprises mitigés !


La saison des résultats pour le premier trimestre a débuté. Le consensus  anticipe un recul moyen de 9.5% des bénéfices aux Etats-Unis. Ce sont les  valeurs bancaires qui ont débuté avec des résultats moins mauvais qu’attendus  pour JP Morgan, Wells Fargo et Citigroup alors que Bank of America et  BlackRock étaient en dessous des attentes. Pour les autres secteurs, Alcoa, CSX  et Delta Air Lines ont annoncé des résultats au-dessus des attentes. Ixia  ainsi que Juniper ont déçu et illustrent la faiblesse de l’activité des  équipementiers réseaux. Du côté macro, l’Empire Manufacturing est ressorti en  progression à 9.56 mais le sentiment de l’Université du Michigan a reculé à  89.7 (vs cons. 92). En Europe, le secteur bancaire a rebondi, porté par la création d’un fonds pour venir en aide aux institutions financières  italiennes, un véhicule de 5Md€ pour faciliter les augmentations de capital  des banques régionales et éviter un renflouement interne. En Chine, les  exportations ont progressé de 18.7% (vs cons. +14.9%) soit la 1ère hausse  depuis juin dernier et un plus haut depuis février 2015. On observe la même  tendance pour la production industrielle en mars qui a progressé de 6.8% (vs  cons. 5.9%). La saison des résultats du premier trimestre a aussi commencé en Europe. Le secteur du luxe a été impacté par les résultats décevants de  Burberry et de LVMH alors que dans la distribution, les ventes de Carrefour  reculent tandis que celles de Tesco et Casino s’améliorent. Edenred et Sodexo  ont annoncé de bons chiffres alors que Faurecia a déçu avec des ventes en  baisse aux Etats-Unis et en Chine.

Des risques baissiers demeurent !


L’échec de Doha pourrait  donc décevoir les marchés, jusqu’à annuler la progression des marchés de la semaine dernière. Compte tenu de cette possibilité, nous avions réduit  l’exposition de la plupart de nos fonds en fin de semaine dernière, d’autant  plus que nous avons vu que la dynamique de croissance des résultats restait  assez mitigée. Le ton du message de la FED, lors de sa réunion de la semaine  prochaine, pourrait cependant être plus positif eu égard aux bons chiffres  publiés sur la Chine.

 

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