La parité de 1 pour 1 entre l’€/$ est acceptée par les US pour aider le redémarrage de l’Europe

L'analyse de Catherine Huguel de retour de la Conférence NABE à Washington DC (9-10 mars 2015)

17/03/2015 - Publié par HUGAU GESTION dans Marché Autre

La parité de 1 pour 1 entre l’€/$ est acceptée par les US pour aider le redémarrage de l’Europe

Au FOMC des 17/18 mars, la probabilité est forte que le FED retire sa mention « patience » du communiqué. L’économie américaine approche du plein emploi, défini par la banque centrale par un taux de chômage de 5,2 à 5,3%. En février 2015, le taux de chômage est tombé à 5,5%.

Au sein du FOMC, ceux des membres qui croient au retour du « business cycle » souhaitent voter une première augmentation de 25pdb du taux des Fed funds au FOMC des 16/17 juin. Il s’agit notamment, parmi les membres du FOMC qui votent cette année, de John Williams (San Francisco FED), Denis Lockhart et parmi les non-votants Jeffrey Lacker, Bullard, Plosser, Richard Fischer.

Selon leur approche, la hausse des salaires étant une variable décalée du cycle, le taux d’inflation reviendra dans la zone des 2% souhaitée par le FED d’ici la fin 2016. Loretta J Mester, la présidente du FED de Cleveland (non votant en 2015), qui a fait sa présentation au Congrès de la NABE le 9 mars sur les perspectives de croissance de l’économie US et le devenir de la politique monétaire, n’avait pas d’état d’âme quant au retour du cycle de croissance porté par l’investissement et l’emploi et débouchant in fine sur une hausse des salaires à terme. Mais la normalisation monétaire qu’elle envisage vers un retour à la « neutralité » est loin d’être partagée par tous les membres du FOMC et notamment par ceux qui votent cette année.

L’absence évidente d’inflation dans le contexte actuel de baisse des prix du pétrole et des prix importés, avivée par l’actuelle appréciation du dollar et la modération salariale qui prévaut malgré la dynamique de l’emploi, encouragent plusieurs membres du FOMC et non des moindres comme la Présidente Janet Yellen, le Vice- Président Dudley (New York Fed), Charles Evans (Chicago Fed) et Stanley Fischer (VicePrésident du Board) à prêcher la prudence et adopter une approche pragmatique. Par ailleurs le FED serait en effet la seule banque centrale des pays développés à relever ses taux cette année dans un environnement mondial où chacun craint le choc en retour du ralentissement chinois et le risque de récession dans plusieurs économies émergentes (Brésil, Russie). Certains professeurs indépendants comme Alice Rivlin de la Brookings Institution adoptent même une attitude très provocatrice en remettant en cause le pourquoi d’une normalisation monétaire au nom du risque inflationniste puisque ce dernier a disparu (« l’inflation, une vieille relique »). Selon elle, les banques centrales ont une nouvelle mission, celle d’éviter les crises financières, définie par leur nouvelle fonction macro prudentielle avec comme objectif de traquer les risques systémiques. Ces établissements reviennent à cet égard à leur mission d’origine de prêteur en dernier ressort. Pour Rivlin (mais beaucoup d’autres partagent cet avis) la lutte contre l’inflation est un reliquat culturel qui n’a plus cours depuis le début du 21ième siècle. A cet égard, les débats qui animent les responsables américains sont passionnants mais ils risquent de créer sur les marchés financiers une période de volatilité accrue car, sans aucun doute, les traders aiment les positions claires et la visibilité. En conséquence, au cours des 6 prochains mois, les taux d’intérêt US devraient connaître de fortes variations dans une fourchette de 2 à 2,6% sur le 10 ans. Le taux du 2 ans devrait augmenter le plus (0,65% le 13 mars 2015; plus de 1% fin 2015), provoquant une déformation de la courbe des rendements. Les marchés boursiers US connaitraient une période heurtée, fragilisés par la baisse des profits des FMN et le risque de remontée des taux sur les valeurs de rendement. Ils invitent à la prudence.

A court terme l’attrait des marchés américains réside dans la devise.

L’appréciation du dollar US contre toute devise n’a pas l’air d’inquiéter beaucoup l’Administration américaine jusqu’à présent. 87% du PIB US est en effet réalisé par la demande domestique. Les 13% restants à savoir les exportations sont en majorité destinées au Mexique et au Canada, deux économies en forme. Par ailleurs il y a un consensus outre-atlantique pour dire que l’effet négatif de la hausse du dollar sur les entreprises industrielles sera compensé par l’effet positif net attendu de la baisse des prix du baril de brut sur l’ensemble de l’économie (l’industrie extractive ne représente que 1,7% du PIB US). Alors dans ces conditions, la parité de 1 pour 1 entre l’€/$ est à portée de main.

En conclusion, les Autorités américaines sont prêtes à supporter, au prix de l’appréciation du dollar, une relance de la croissance de l’Europe et soutiennent à cet égard la politique de Mario Draghi (QE + dépréciation de l’€+ taux zéro + prix du pétrole divisé par 2) à un moment où il faut trouver un relais mondial à la décélération de la dynamique chinoise et de ses satellites. Pour les américains, l’Europe et le Japon se doivent de repartir.

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HUGAU OBLI 3-5 HUGAU GESTION johan BIGOT Obligations Mixtes Moyen Terme 70.92 M€ 5.47 % 4.48 %
HUGAU PATRIMOINE HUGAU GESTION Daniel HUGUEL Mixtes Mondial Equilibre 12.13 M€ -0.44 % -2.36 %
HUGAU OBLI 1-3 HUGAU GESTION johan BIGOT Obligations Mixtes Court Terme 289.99 M€ 1.62 % 0.91 %
HUGAU MONETERME HUGAU GESTION johan BIGOT Monétaires Euros 1 022.19 M€ 0.25 % 0.26 %
HUGAU RENDEMENT HUGAU GESTION Actions Europe 8.14 M€ -4.99 % -10.12 %
HUGAU HIGH YIELD RECOVERY HUGAU GESTION johan BIGOT Obligations Haut Rendement Long Terme 15.43 M€ 4.05 % 0.55 %

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