Brexit : le jour d'après

Par Camille Barbier, Directeur des gestions - 27 juin 2016

27/06/2016 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Allocations d'actifs

Brexit : le jour d'après

La démocratie a parlé. Le Brexit n’est plus une éventualité douloureuse mais, depuis vendredi aux environs de 5 heures du matin, une réalité pour les marchés, pour l’Europe et pour le monde.

Les observateurs - qu’ils soient économistes ou politiques - n’ont pas été assez attentifs à la montée du ressentiment de la part des laissés-pour-compte de la crise financière de 2008 que sont les classes moyennes des pays développés. Aveuglés par les statistiques macroéconomiques montrant pour l’Europe et les Etats-Unis un PIB dépassant enfin le niveau de 2008, les analystes n’ont pas prêté une attention suffisamment fine au creusement des inégalités de revenus au sein des pays développés. Le phénomène est particulièrement flagrant au Royaume-Uni où 68% de la population a un niveau de vie inférieur à la moyenne de l’Union européenne, alors qu’il n’était que de 32% en 2006. Le Royaume-Uni n’est pas seul dans ce cas puisque la France, l’Espagne et l’Italie ont vu ce taux progresser depuis la crise. Seule l’Allemagne, grâce à son dynamisme économique, est parvenue à réduire ses inégalités de revenus (-3% sur la période 2006-2014).

La persistance d’une croissance faible et d’une progression des inégalités expliquent le développement du mouvement populiste à la fois aux Etats-Unis et en Europe. Le clivage politique n’est plus entre droite et gauche, entre libéraux et dirigistes, mais entre populistes et conservateurs au sens large, c’est-à-dire tous ceux qui ont un intérêt à la préservation du système actuel. L’analyse du vote britannique illustre amèrement ce clivage : 57% des classes économiques supérieures ont voté contre le Brexit, alors que 64% des travailleurs peu qualifiés ont voté en sa faveur.

Le référendum de la semaine dernière risque de n’être qu’un avant-goût des évènements à venir en Europe. Au cours des 18 prochains mois, quatre des plus grandes économies de la zone Euro organiseront des élections majeures : Pays-Bas, France, Allemagne, Italie. Le vote de dimanche en Espagne n’a pas permis de dégager une majorité claire. Podemos, même s’il ne progresse pas par rapport aux élections de décembre, préserve son influence.

Quatre jours après le référendum, le retour au quotidien risque d’être compliqué pour les britanniques. La livre a chuté à son plus bas niveau contre le dollar depuis 1985. Or le RoyaumeUni présente un des déficits courants les plus élevés des pays de l’OCDE, à 5,2% du PIB sur 2015, et ses exports sont très peu sensibles à la baisse de la livre. La conséquence directe pour l’île sera une hausse du coût de ses importations et un creusement supplémentaire de sa dette vis-à-vis de l’extérieur. La croissance en sera durablement affectée.

 

Rendez-vous lundi prochain…

 

Source : Ecofi Investissements, au 24 juin 2016. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi Investissements considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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