Brésil : le réalignement des prix au centre de la crise

15/04/2016 - Publié par DORVAL ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Brésil : le réalignement des prix au centre de la crise

Les actifs brésiliens fluctuent au gré des aléas politiques (procédure d’impeachment de Dilma Rousseff, évolutions de l’affaire Lava Jato…).

Les investisseurs sont exclusivement centrés sur la crise politique et les problèmes budgétaires.

L’un et l’autre sont bien réels mais ne sont pas la genèse de la crise brésilienne.

Ce n’est pas non plus ni une crise de la balance des paiements, ni une crise bancaire.

D’ailleurs, les banques privées brésiliennes ont traversé cette crise sans dégâts majeurs en termes de profitabilité et de qualité des actifs. Au départ, en 2010/2011, l’économie brésilienne est en surchauffe avec des salaires réels supérieurs à la productivité, des prix domestiques trop élevés par rapport aux prix étrangers (le taux de change réel) et des prix régulés trop bas par rapport aux prix libres.

Il aurait fallu une combinaison d’une politique budgétaire restrictive et d’une politique monétaire expansionniste pour accompagner le réalignement des prix et le rééquilibrage de la demande domestique. Malheureusement, le premier gouvernement de Dilma Rousseff, élue en 2010, n’a pas fait ce choix. Il en résulte une stagflation qui renforce la contradiction entre politique monétaire et politique budgétaire. Le réalignement des prix est inévitable et se traduit par une pression à la dépréciation du real et à une hausse des tarifs régulés. Ces ajustements pousse l’inflation à la hausse ce qui renforce à son tour la stagflation.

En plus de l’ajustement macro-économique nécessaire viennent s’ajouter deux chocs exogènes.

Le choc externe vient de la fin brutale du super-cycle des matières premières dont le Brésil est largement producteur et surtout exportateur.

La dépréciation du real est un facilitateur de l’ajustement des prix relatifs internationaux ainsi que du choc sur les termes de l’échange. C’est donc un mouvement bénéfique pour l’économie.

L’impact de la dépréciation sur l’inflation existe mais n’est pas la cause principale de l’accélération de l’inflation en 2015. L’essentiel provient du réalignement des prix administrés.

Le choc interne prend la forme du scandale politico-économique autour de Petrobras (affaire Lava Jato). A son apogée, l’activité du géant pétrolier représentait 13% du PIB brésilien. L’effondrement des investissements de Petrobras a coûté à lui seul 0.3 à 0.5 point de PIB.

Sans doute, un nouveau gouvernement de centre-droit pourrait remettre un peu d’ordre dans les finances publiques et réduire l’incertitude. Cependant, à ce stade, le Brésil n’a pas besoin d’une politique budgétaire très restrictive.

L’élément central à suivre c’est l’inflation. Si la désinflation se confirme et que la BCB est en capacité de commencer un cycle de baisse des taux, le niveau de stress macro-économique devrait rapidement chuter et l’activité rebondir.

Fonds associés

Aucun fonds associé à cet article. Si vous souhaitez associer votre fonds à l'article, contactez-nous.

Articles similaires

RIEN NE SERT DE COURIR, IL FAUT PARTIR À ...

Point sur les marchés financiers : Les marchés européens ont entamé le mois de novembre sur la même tendance que le mois d'octobre et terminent...

09/11/2015 - Publié par ENTHECA FINANCE

Autre / Analystes et économistes

LE SPREAD DE CRÉDIT PEUT, LUI AUSSI, FAIR...

Alors que la réunion de la FED du 14 juin approche, Madame Yellen a tenu cette semaine le même genre de discours qu’à partir de la mi-année 2015,...

13/06/2016 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Autre / Analystes et économistes