Bons baisers de Berlin...

26/06/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Allocations d'actifs

Bons baisers de Berlin...

Dans un monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement…. (Francis Blanche)

 

Il est surprenant de constater l’incapacité des gouvernements, de droite comme de gauche, à réformer notre pays sans provoquer les mouvements de rue toujours hasardeux à gérer. Il faut peut-être en chercher la raison dans la ‘’spécificité française’’, issue de l’émancipation de la Raison par les penseurs et les philosophes du Siècle des Lumières : l’équilibre entre un citoyen fort et un Etat fort en étaient l’aboutissement, qui devait nécessairement s’imposer à toutes les nations et, partant, revêtir un caractère universel.

 

Il en est découlé trois conséquences : l’égalité de tous devant la loi, et son corollaire, la doctrine de l’assimilation et de l’intégration, qui se prolonge de nos jours à travers les flux migratoires ; l’affranchissement à la religion par le principe de laïcité ; la centralité donnée à l’éducation, obligatoire, donc gratuite (et laïque).

 

Deux dérives ont mis à mal ces beaux principes : l’extension des revendications des droits de l’individu, au nom de l’égalité ; et par voie de conséquence, l’extension de l’Etat Providence, avec pour double résultat l’affaiblissement de l’esprit de responsabilité et d’initiative de l’individu, d’une part ; et l’hypertrophie de l’Etat, facilitée par la tradition colbertiste de centralisation du pouvoir et de l’administration du pays, d’autre part.

 

Ainsi, au fil des décennies, la France se retrouve avec un citoyen faible dans un Etat faible. Les flux migratoires débouchent sur le communautarisme, mettant à mal le principe de laïcité, et l’éducation nationale est écrasée sous le poids du ‘’mammouth’’. On est bien loin du pragmatisme anglo-saxon qui, régulièrement, a le courage de casser ces dérives et réduire l’emprise de l’Etat sur les individus.

La posture adoptée par la nouvelle majorité gouvernementale et par le nouveau président de la République découle en droite ligne de ces grands principes égalitaristes : au plan européen, mutualisation des dettes, émission d’eurobonds, relance de l’activité par la dette et report ‘’’à plus tard’’ du retour aux grands équilibres macroéconomiques ; au plan français, nouveaux impôts frappant principalement les acteurs productifs de l’économie, grevant encore un peu plus leur compétitivité, plutôt que réduction des dépenses de l’Etat et de l’assistanat.

 

Au niveau européen, le sauvetage de l’Euroland repose sur un accord non écrit : l’Allemagne, qui a produit les efforts nécessaires pour se trouver aujourd’hui en position de force, se dispose à aider ses partenaires, mais pas à fonds perdus, car elle n’a pas les moyens d’assumer seule les dettes de tous ses partenaires européens. Elle veut bien les aider, mais seulement après que ceux-ci auront suivi un chemin parallèle au sien et qu’ils seront suffisamment avancés dans un processus de réformes fondamentales débouchant sur la remise en ordre de leur économie, et que l’intégration européenne, c'est-à-dire des abandons partiels de souveraineté, aura suffisamment progressé pour que les budgets de chaque pays soient approuvés par une autorité supranationale.

 

L’Allemagne, s’étonne devant l’entêtement français à refuser de regarder en face la réalité d’une situation chaque jour plus intenable. L’Allemagne ne comprend pas que la France, qui a la chance de bénéficier actuellement sur les marchés financiers de taux d’intérêts particulièrement attractifs, mette tant d’application à se priver de cet avantage. L’Allemagne est incrédule devant les premières décisions économiques du nouveau gouvernement : retour à la retraite à 60 ans, même si cela ne concerne qu’une minorité de salariés, suppression de la hausse du taux de TVA, mesure de bon sens qui avait été décidée par le précédent gouvernement, nouveaux impôts concernant les forces productrices de la nation, hausse du SMIC, et sa cohorte d’effets pervers connue de tous les économistes, mesure destructrice d’emplois s’il en est, taxation des entreprises. Et aucun projet de réformes structurelles (règle d’or, retraites, fiscalité, prestations sociales, éducation nationale, droit du travail, collectivités locales, … ce ne sont pas les chantiers qui manquent !) propres à restaurer la compétitivité des entreprises.

 

Même les ‘’alliés’’ sociaux-démocrates allemands que François Hollande avait reçus ostensiblement, se sont ralliés à Madame Merkel et à son pacte budgétaire.

L’Allemagne se fâche devant une France qui délaisse son alliance avec elle et préfère rallier le groupe des pays de Sud, les PIGS (où va-t-on bien pouvoir placer le ‘’F’’ ?) et qui croit que les contribuables allemands accepteront de travailler jusqu’à l’âge de 67 ans pour financer les retraites à 60 ans de « certaines catégories de travailleurs » français….

 

La Grande-Bretagne, elle, jubile et se dit prête à dérouler le tapis rouge aux français qui voudraient continuer à entreprendre.

Les jeux olympiques vont lui fournir une belle vitrine, le mois prochain. Et grâce à la technologie française des TGV, Londres n’est plus qu’à deux heures de Paris….

 

Article rédigé par Thierry Girardet pour le billet quotidien

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