BCE : une intervention trop attendue ?

Le billet de Jean Noël Vieille, gérant 360 Hixance AM

21/01/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

BCE : une intervention trop attendue ?

La semaine qui s’ouvre va donner une partie de la tendance de l’année boursière 2015 car les rendez vous sont importants. Après la surprise jeudi dernier liée à l’abandon du taux plancher EUR/CHF, il faut mesurer les impacts de ce qui s’apparente à une guerre des changes et de l’évolution de l’économie suisse avec une question évidente : Faut-il garder des actions suisses au sein des portefeuilles ? Deuxième élément structurant pour les marchés, la publication mardi prochain du PIB chinois sur 2014 qui pourrait montrer la plus faible croissance depuis près de 25 ans (NDLR : 7,4%) et nous devrons nous interroger sur la réaction des marchés. Enfin, ce jeudi, ce sera le grand rendez-vous de la BCE, qui est très attendu par les marchés et la question est de savoir si les attentes ne sont pas trop élevées. La semaine dernière a vu un net rebond des marchés financiers, en anticipation de l’action positive de la BCE, ce qui a permis de corriger les baisses précédentes.

 

Intervention de la BNS : signe avant-coureur de la décision de la BCE ?



Contre toute attente, la Banque Nationale Suisse (BNS) a décidé jeudi dernier de mettre fin au plancher monétaire instauré en septembre 2011 face à l’Euro. Ce seuil avait été mis en place à 1,2 CHF/EUR pour protéger les exportations suisses de la hausse du franc après les inquiétudes dues à l’éclatement de la zone Euro. Après cette décision, le franc suisse s’est apprécié de 20% face à l’Euro entraînant une chute de 8,7% de la bourse de Zurich jeudi et de 6% vendredi, ramenant la performance annuelle de la bourse suisse à -12%. La BNS a essayé de contrer la suppression de ce plancher par une nouvelle baisse de 50 bps de son taux d’intérêt (-0,75% vs -0,25%) ce qui va avoir un impact négatif sur les marges des banques suisses. Concrètement, cela signifie que celui qui veut prêter de l'argent à la Suisse doit payer pour le faire. Ces taux négatifs devraient décourager les investisseurs de placer en franc suisse et les inciter à se tourner vers d'autres monnaies comme l'euro. Il n’est absolument pas certain dans la conjoncture actuelle que ceci fonctionne, surtout si la BCE intervient fortement jeudi prochain. Ceci devrait encore faire baisser l’euro et valider encore plus le statut de valeur refuge de la monnaie Suisse. Les milieux économiques sont très inquiets de la situation, reprochant à la BNS « d’avoir pris de court les marchés et les entreprises ». Ceci va en effet impacter les exportations, le secteur du luxe et aussi le tourisme. UBS a alors révisé ses prévisions de croissance pour 2015 : hausse de 0,5% du PIB en 2015, au lieu de 1,8% précédemment, et d'1,1% en 2016 vs 1,7%. En conclusion cette intervention de la BNS exprime le fait que cette dernière ne pouvait plus continuer à acheter de l’euro pour soutenir sa monnaie, ses réserves ayant en effet été multipliées par 10 en 4 ans. La crainte de devoir faire encore plus avec la prochaine décision de la BCE a surement du peser aussi dans la décision. 

 

Interrogations sur la croissance chinoise



La croissance économique chinoise devrait ralentir en 2014 autour de 7,3%, contre 7,7% en 2013 selon la prévision médiane de 15 économistes. Selon eux, le chiffre publié mardi prochain devrait être la plus faible performance depuis 1990, année qui a suivi la répression du mouvement de la place Tiananmen. Ce ralentissement devrait se poursuivre en 2015, le panel tablant sur une hausse de 7%. Deux éléments importants de la contribution au PIB continuent de peser, le marché immobilier à cause d’une offre surabondante, et les exportations en fort ralentissement face à une conjoncture internationale morose. La demande intérieure reste faible : stagnation des importations en décembre, et les dettes publiques et privées attisent les inquiétudes (impact mal connu de la finance de l’ombre).

 

Une intervention très (et trop ?) attendue de la BCE



Ce jeudi va voir intervenir la BCE. Les attentes sont élevées puisque les plus optimistes attendent une intervention à hauteur de 1000 Mds d’euros, en achetant des titres souverains sans aucune conditionnalité. La question clef est de savoir si l’Allemagne va vraiment donner le feu vert à une intervention massive. Certaines rumeurs avaient plutôt donné un montant compris entre 350 et 500 Mds d’euros et avec des achats plutôt restrictifs, uniquement des titres « investment grade » (excluant de ce fait Grèce et Portugal) puisque l’Allemagne refuserait un partage du risque entre les Etats membres en excluant les obligations des pays les plus mal notés. Cette hypothèse ne permettrait évidemment pas de rassurer les marchés financiers, aussi cette publication va rester à haut risque. Nous devons alors rester relativement conservateurs jusqu’à cette annnonce et nous pensons que le marché risque de suivre jusqu’à jeudi différentes rumeurs qui ne manqueront pas de filtrer. Dernier éventuel problème, le départ de Draghi pour revenir sur le terrain politique italien. Inutile donc de prendre trop de risques… !

 

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