Banques centrales toujours et encore...

L’e -conoclaste Actis hebdo - le 14 mars 2016

14/03/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Banques centrales toujours et encore...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Si vous gardez la tête sur les épaules quand tous ceux qui vous entourent la perdent, il est possible que vous n’ayez pas saisi la situation » - Jean Kerr (1922-2003), Ecrivain et humoriste américano-irlandais

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

19 Milliards de livres sterling : est le montant des bonus versés à la City sur 2015, un record absolu, portant à 260 milliards de livres les bonus versés depuis la crise de 2007.

18 Milliards : est le nombre de prospectus imprimés sans adresse envoyés par an en France soit 830 000 tonnes de papier ou 17 kg/habitant.

1 000 : est le nombre de scooters électriques qui seront disponibles en libre-service à Paris dès cet été par Cityscoot.

107 : est le nombre d’hommes qui naissent pour 100 femmes dans le monde. 

 

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Banques centrales toujours et encore : la semaine passée était donc placée sous le signe de Mario Draghi, celle-ci répondra aux appels de Janet Yellen ce 17 mars.

Ajoutons à cela la décision des pays de l’OPEP qui se tiendra peut être le 20 mars si ces messieurs s’entendent sur l’agenda. Déjà sur la date c’est difficile, imaginez sur le reste.

 

Côté banques centrales, il est difficile de croire que l’écho de Janet cette semaine sera aussi fort que celui de Mario.

L’adage selon lequel on ne combat pas une banque centrale s’est vérifié une fois de plus.

 

Il faut dire que les attentes étaient très importantes pour soigner le patient européen et Mr Bazooka ou le magicien d’Oz, appelez-le comme vous voulez, a répondu présent en battant une fois de plus le consensus. Le marché ravi et rassuré par le maintien de sa dose mensuelle d’amphétamines a fait la holà et a rebondi de 3% au cours de la séance de jeudi dernier suite au nouveau train de mesures annoncées pour finalement terminer à -1,5%...à partir du moment où les investisseurs ont subitement réalisé que la BCE, en creux, pourrait ne plus utiliser l’arme traditionnelle des taux. Des doutes persistent donc, mais l’état de grâce peut se prolonger sur les marchés avec notamment un secteur bancaire soutenu.

 

Le rodéo sauvage sur les marchés actions s’est propagé au marché des changes avec notamment la parité eurodollar qui a évolué entre 1,10 et 1,08 pour finalement échouer à 1,115, et au marché de taux avec un bund 10 ans qui a évolué sur 150 bps entre 161,5 et 163,5 (le taux a oscillé entre 0,22% puis 0,16% pour culminer à 0,33% en 3 heures de temps).

 

Les principales décisions annoncées par la BCE sont les suivantes :

-        le principal taux directeur est abaissé à 0% contre 0.05% précédemment (8ème baisse des taux depuis octobre 2011, à l’époque nous étions à 1.5%, un autre monde) ;

-        le taux de dépôt passe de -0.3% à -0.40% afin d’inciter les banques à prêter davantage (pas facile à concilier avec une règlementation de plus plus exigeante en termes de fonds propres) ;

-        le volume moyen des rachats d’actifs par mois est augmenté de 20 Milliards d’euros pour atteindre la modique somme de 80 milliards impactant également les obligations d’entreprises notées Investment Grade dont les noms des émetteurs seront dévoilés dans les semaines à venir, et d’ici la fin du second trimestre ;

-        Enfin, un soin attentif est apporté aux banques dont la rentabilité très variable, selon leur structure financement et des spreads de transformation bancaire, pourrait être fragilisée par cet environnement de taux négatifs.

 

Ainsi, à travers le programme de refinancement à long terme ou LTRO2, chaque trimestre, les banques qui le désirent pourront emprunter des ressources à 4 ans pour un montant correspondant à 30% de leur stock de prêts l’économie réelle à des taux qui pourront avoisiner les 0% voire négatifs si ces mêmes banques sont suffisamment zélées. Une première où la BCE rémunère les banques pour les forcer à relancer l’économie.

 

Ces mesures sont à la hauteur de la situation précaire dans laquelle se trouve au final l’Europe après rappelons-le déjà 700 milliards d’euros de rachats d’actifs depuis mars dernier.

 

En effet, on constatera d’ores et déjà que la croissance 2016 est revue à la baisse en anticipant 1,4% contre 1,7% prévu en décembre et 1,7% (vs 1,9%) pour 2017. Les projections sur les prix sont révisées également du fait de l’impact de la chute des cours du pétrole. L’inflation 2016 est attendue à 0,1% contre 1% prévue en décembre, et 1,3% (vs 1,6%) en 2017.

 

Comme quoi en 2016, le malade européen n’est pas encore sur le point de courir un sprint.

 

On en envie dire et après, si le relai ne se fait pas dans l’économie réelle par des politiques appropriées quelles seront les prochaines mesures?

 

Super Mario va-t-il faire des journées portes ouvertes dans les banques pour faire signer des prêts aux entreprises et particuliers, va-t-il rendre éligible aux rachats les maisons des particuliers, les flottes de voitures entreprises, que sais-je encore ou lancer des sacs de billets par hélicoptère (allusion à Bernanke, ex-patron de la Fed, ainsi surnommé « helicopter man » pour sa propension à arroser le marché de liquidités durant son mandat) afin que l’argent arrive directement dans les poches des consommateurs, sujet évoqué à la conférence de presse ?

 

Car bien que, Mario Draghi laisse planer le mystère avec cette transition de l’ère des  « taux no limit » vers celle des « actifs no limit » dans un souci de rééquilibrage où le biais ne sera plus uniquement sur les papiers gouvernementaux, ce volontarisme monétaire s’oppose à la seule constatation que ce n’est pas l’offre de financement qui pèche (et déçoit) mais bel et bien la demande émanant des particuliers et des entreprises. Un argument que les allemands les plus hostiles au sein de la Bundesbank à l’actuelle politique de la BCE ne manquent pas de rappeler fréquemment.

 

Sciences & Avenir :

Machine 3, humain 1. Tel est le score qui oppose AlphaGo à Lee Sedol.

Un match évoqué dans les premiers e-conoclastes, car le sujet nous passionne, mais aussi et surtout suivi par un tiers de la planète:

-         les américains d’abord excités par la perspective potentielle de voir s’afficher la supériorité de la machine sur l’homme, testée par le fleuron Google (des réminiscences ou craintes de Terminator sans doute, ou tout simplement leur esprit compet’) ;

-         les chinois ensuite avec leur appétence pour ce jeu ancestral ;

-        et les coréens enfin qui suivent leur champion Lee Sedol.

 

Les victoires d’AlphaGo face à Lee Sedol, considéré comme le meilleur joueur de go actuel, a démontré d’emblée la puissance de ce système d’intelligence artificielle conçu par DeepMind, start-up britannique rachetée par Google en 2014. « J’ai été très surpris, je n’imaginais pas qu’AlphaGo pourrait jouer de manière aussi parfaite », a simplement déclaré le champion sud-coréen à l’issue du premier combat d’une série de cinq, dont l’issue ne sera connue que demain. La complexité du jeu et la nécessité de recourir à « l’intuition » (le mot a été employé par le patron de DeepMind, Demis Hassabis) n’ont semble-t-il pas freiné les algorithmes de « deep learning » (apprentissage automatique) qui animent AlphaGo.

 

Ces fameux algorithmes sont en fait, je cite « des réseaux composés de couches successives de bouts de code interconnectés et s’inspirent de nos véritables neurones, reliés par des synapses. Grâce à cette architecture, les réseaux de neurones peuvent apprendre à reconnaître des images, des sons ou des textes par eux-mêmes, sans intervention humaine ». C’est ainsi que dans le cadre du projet Google Car, un piéton est distingué de l’image d’une personne figurant sur une affiche permettant au véhicule de freiner ou s’arrêter à son approche si nécessaire.

 

Bien entendu, les avancées de DeepMind ont encore leurs limites car l’approche spécifique, appelée “apprentissage par renforcement”, fonctionne pour l’instant très bien dans un environnement simple. Mais il faudra encore de la recherche avant de l’adapter à nos environnements complexes. » Il reconnaît toutefois que les progrès sont rapides, d’autant que les systèmes les plus avancés sont capables de s’entraîner tous seuls. 

 

 

LE POINT TECHNIQUE

Jusqu’où peut remonter le pétrole?

Les niveaux de 26-27 $ le baril, qui correspondait au niveau sur lequel l’Arabie Saoudite a établi son budget 2016, semble, à posteriori, bien constituer un plancher. En revanche, compte tenu des stocks actuels de pétrole en progression constante aux Etats-Unis depuis fin 2014, et du déséquilibre mondial offre-demande, il nous parait difficilement envisageable de voir se prolonger durablement le rebond au-delà des 45-50 $ le baril, niveau à partir duquel les pétroliers de schiste américains redeviennent rentables.

 

Or, l’idée des principaux producteurs de l’OPEP est bien de se prémunir du retour des yankees sur ce marché, en pilotant le prix du baril. Il est clair que, malgré une entente d’un petit nombre de pays producteurs sur le maintien de quotas de production qui restent élevés historiquement dont l’Iran s’exclue pour des raisons évidentes, le gap de 1,6 millions de barils/jour ne se réduira pas aisément. Et ce, d’autant plus que la croissance mondiale est entré dans un cycle de décélération.

 

Je reconnais que la fourchette 26-50 $ est large mais a le mérite d’exister, et ne ressemble pas aux préconisations de certains qui voient le pétrole baisser à 20$ quand le marché vaut 26 et monter à 140$ quand il en cote 120…

 

 

 

 

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