Aux Etats-Unis le spectre de la déflation s'éloigne

Interview de Philippe Weber, stratégiste chez CPR AM

24/10/2014 - Publié par CPR ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Aux Etats-Unis le spectre de la déflation s'éloigne

L'amélioration du marché de l'emploi américain va finir par tirer les salaires vers le haut.

Faut-il toujours craindre le spectre de la déflation ? Cela dépend où ! Aux Etats-Unis, plus du tout. D'ailleurs, l'indicateur que calcule la Banque de Réserve fédérale d'Atlanta, qui estime une probabilité de déflation à partir du marché des obligations indexées sur l'inflation, est désormais à 0. Toutefois, ce sont surtout les dernières données statistiques qui permettent de le conclure.

Un certain nombre de mesures de l'inflation ont une tendance à l'accélération, malgré le léger repli du dernier mois. On peut citer l'inflation médiane (l'indice élémentaire du « panier de la ménagère » qui sépare les 50 % d'indices élémentaires qui progressent le plus des 50 % qui montent le moins, ou l'indice des prix rigides, qui élimine les indices historiquement les plus volatils). L'accélération n'est pas spectaculaire, mais elle est présente. Certaines composantes ont aussi tiré les prix vers le haut et devraient continuer. Citons notamment les loyers imputés, c'est-à-dire les loyers que paieraient les propriétaires occupant leur logement s'ils étaient locataires. Ils représentent presque 25 % de l'indice des prix à la consommation et ont augmenté de 2,7 % en un an. Cette hausse devrait se poursuivre, puisque, usuellement, ces loyers imputés augmentent en même temps que la masse salariale, que le prix des logements ou que les taux d'intérêt (ces derniers devraient remonter en 2015).

Est ce que d'autres éléments que les prix eux-mêmes conduisent à la même conclusion ? Oui. On peut citer, par exemple, le taux d'utilisation des capacités, qui remonte régulièrement avec la progression de l'activité ; s'il est encore inférieur à sa moyenne de long terme, il a dépassé, pour certains secteurs de l'économie, le niveau d'avant la crise. Or, on constate que l'inflation est bien corrélée à ce taux. De même, la baisse du taux de chômage devrait finir par permettre une hausse des salaires. Il est vrai que, pour l'instant, on ne la voit pas : c'est un des mystères de cette reprise économique.

Au total, il nous semble que l'inflation devrait accélérer et finir par dépasser 2 %, d'autant que certains dirigeants de la Réserve fédérale et le FMI lui-même déclarent juger préférable de tolérer une inflation un peu plus haute tant que le marché du travail n'est pas revenu à la normale – dans la mesure où les anticipations restent bien ancrées. 

Et en zone euro ?  La situation est évidemment très différente. L'inflation est très basse, trop basse : à 0,3 %, on est bien loin de l'objectif d'une inflation « inférieure à 2 % mais proche de 2 % » que s'est assigné la Banque centrale européenne. Les anticipations d'inflation ont baissé, sans toutefois devenir négatives. De plus, la faiblesse de l'activité et le niveau élevé du taux de chômage ne sont pas de nature, à court terme, à soutenir les prix.

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