Après un mois de janvier euphorique des lendemains qui déchantent ?

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

03/02/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Après un mois de janvier euphorique des lendemains qui déchantent ?

Commencer l’année avec des performances boursières positives surtout après un exercice complexe est toujours agréable. Cette progression est elle durable ?

La question que l’on doit résoudre maintenant est celle de la pérénnité de cette progression dans le temps et surtout de son intensité.

Revenons rapidement sur la hausse de janvier, elle est largement due aux discours rassurants de la BCE, à une situation américaine assez favorable surtout sur le plan de l’emploi et de la croissance, et enfin à des pays émergents plutôt stables avec des intervenants de marchés capables de sélectionner ceux qui sont en amélioration (Inde en particulier) et ceux en situation plus difficiles, comme l’Amérique Latine, voire la Chine. Nous avons aussi assisté à une accalmie du côté des prix des matières premières (stabilisation à un niveau faible) et surtout, l’autre facteur majeur a été la poursuite de la hausse du dollar qui a permis aux investisseurs d’en bénéficier, même si les sous-jacents n’étaient pas en progression.

La dernière semaine de janvier a montré un début de consolidation, ainsi l’Eurostoxx 50 a baissé de -0,92%, le CAC de -0,79% alors que les marchés américains ont réagi encore plus négativement, le Dow Jones baissant de -2,87% et le Nasdaq de -2,58%.

Vers une déconnexion des marchés boursiers Europe / US
Revenons au principe de réalité pour l’année 2015. En toute logique, l’influence des banques centrales devrait être moins importante puisque les messages sont clairs de part et d’autre de l’Atlantique. Nous aurons donc une FED moins accommodante dès juin 2015 et une BCE interventionniste jusqu’en 2016. Ceci pourrait entraîner un marché financier plus difficile pour les Etats-unis comme nous l'avons vu cette semaine après le discours de la FED, et plutôt soutenu en Europe surtout si les dynamiques de croissance s’améliorent. Nous pourrions assister à la poursuite du mouvement constaté sur janvier : hausse des marchés européens et consolidation américaine, sauvée pour les investisseurs européens, par la hausse du dollar qui compense la baisse du marché US.

En Europe, des nouvelles favorables ont été publiées : le gouvernement allemand a revu à la hausse sa prévision de croissance du PIB pour 2015 à 1,5% (contre 1,3%) grâce à la baisse de la devise européenne, à l’amélioration de la compétitivité à l'exportation, ainsi qu’à la chute des cours du baril. Le taux de chômage a aussi reculé à 11,4% dans la zone euro en décembre contre 11.5% en novembre, soit un point bas depuis août 2012, avec un chômage allemand à 6,5% de la population. Certains économistes voient la même évolution en France, avec un doublement des prévisions de croissance du PIB qui passeraient de 0,8% à 1,5% pour les mêmes raisons qu’en Allemagne. A ces éléments positifs s’ajoutent des facteurs négatifs comme la déflation qui se confirme en zone euro, inflation à -0,6% en janvier et surtout le risque grec pourrait ressurgir. La victoire du parti Syriza pourrait remettre du risque sur les marchés européens. Les premières annonces du nouveau gouvernement, le gel de projets de privatisation, le relèvement du salaire minimum, une potentielle aide de la Russie ont contribué à un mouvement de panique chez les investisseurs. Le taux 10 ans grec a augmenté de 60bps à 9,88% mercredi tandis que le marché actions a chuté de 9%, entraînant surtout les banques grecques et une grande partie des banques européennes aussi à la baisse.

Retour à la prudence

Nous confirmons que l’année boursière 2015 sera une année à forte volatilité et après cette hausse de janvier, une consolidation est probable. Ceci nous a amené à abaisser l’ensemble de nos expositions aux actions afin de protéger la performance de ce mois. Nous restons assez positifs sur l’Europe, les analystes devant certainement revoir à la hausse les progressions de résultat des entreprises.

Nous confirmons aussi que la qualité du stock-picking sera déterminante cette année.

 

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