Après l'euphorie post BCE une baisse de 5% des marchés très probable

Le billet de Jean Noël Vieille, gérant 360 Hixance AM

27/01/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Après l'euphorie post BCE une baisse de 5% des marchés très probable

La BCE a fait son travail, et après… quelques petites questions demeurent

Nous avons assisté à la meilleure performance hebdomadaire des marchés actions depuis 2011 suite à l’annonce de la BCE jeudi dernier d’un programme d’achats d’actifs supérieurs aux attentes. La forte hausse s’est poursuivie vendredi en raison des propos d’un des membres de la BCE à Davos, Bernard Coeuré, qui a reprécisé que la BCE serait prête à aller encore plus loin dans les mesures de soutien en cas de nécessité. Mario Draghi vient donc d’écrire un nouveau chapître de l’histoire de la Banque Centrale Européenne. Ce QE porte sur des achats d’actifs de 60 Md€ par mois à partir de mars et jusqu’à septembre 2016. L’objectif consiste à relancer l’économie et à stimuler l’inflation dans la zone euro. Le bilan de la BCE va donc augmenter de 1 300 Mds €. L’autre mesure prise consiste à réduire le coût de ses prêts à long terme aux banques de 10 bps. 

Le plan de la BCE : de sérieux atouts mais son efficacité reste en question

La surprise de la BCE est qu’elle s’engage sur un montant d'achats d'actifs publics et privés de 60 Mds€ par mois. Les achats vont porter sur des dettes souveraines, sur des ABS et des covered bonds mais sont exclus les achats d’obligations d’entreprises en direct. Sans rentrer dans une analyse trop technique, il faut retenir que schématiquement ces achats seront effectués au prorata de chaque pays dans le capital de la BCE. 80% des achats seront directement effectués par chaque banque centrale nationale et 20% sont garantis par la BCE, ce qui tend à limiter la péréquation, sujet que l’Allemagne refuse, pour éviter que certains pays ne poursuivent pas les réformes nécessaires. Mario Draghi a d’ailleurs été assez agacé lors de la conférence de presse par les questions relatives au partage des risques, ce qui nous semble un élément de fragilité de ces mesures puisque la plus grande partie du risque va être supportée par les banques nationales. Donc en cas de difficultés, nous ne voyons pas comment l’Espagne, le Portugal voire la France pourraient trouver du financement même si certains mécanismes de soutien pourraient être utilisés. Enfin, la BCE continue d'influencer le comportement des acteurs bancaires en abaissant à 0% la marge appliquée aux opérations de refinancement Targeted Long Term Operations (TLTRO), supprimant ainsi la prime de 10pbs appliquée aux 1ers TLTRO. Ceci vise à améliorer les conditions de financement des banques, et devrait les inciter à prêter aux entreprises. Ceci reste un autre pari risqué car le problème européen est bien lié à celui de la transmission de ces aides à l’économie réelle.

Les implications de l’intervention de la BCE

Cette intervention massive de la BCE acte la divergence de politique monétaire face au reste du monde. Si elle a eu un impact négatif sur l'euro et les taux souverains de la zone euro, elle devrait aussi être positif pour les actifs les plus risqués. Ainsi, face à l'action de la BCE, la banque centrale américaine se retrouve dans une situation délicate qui pourrait nécessiter au cours des prochaines semaines, un ajustement de sa communication pour repousser la remontée des taux directeurs. La baisse du pétrole, l'appréciation du dollar et la faiblesse des hausses de salaire risquent de peser durablement sur l'inflation compromettant le mandat de la FED de stabilité des prix. La réaction baissière des taux souverains européens et de l'euro témoigne que le Président de la BCE a réussi à ne pas décevoir les marchés financiers. En conséquence, les taux devraient encore baisser et nous devrions atteindre avant la fin de cette année la parité 1€ = 1. 

Interrogations sur la victoire de Syriza

La victoire importante de Syriza devrait entraîner même temporairement un risque pour les marchés européens. Le fait d’avoir pratiquement obtenu la majorité au parlement devrait permettre une stabilité politique mais pourrait compliquer les négociations avec l’Europe. Beaucoup de pays, l’Espagne en premier lieu, vont en effet voir dans cette victoire un risque pour leur propre coalition et cette victoire pourrait contraindre Syriza à réaliser des surenchères.

 

Retour à la prudence

Il nous semble totalement déraisonnable de penser que les marchés financiers vont continuer à croître. La hausse de plus de 10% en deux semaines confirme le retour de la confiance des intervenants sur les actifs à risques mais les marchés vont désormais se heurter au principe de réalité des valorisations. Notre stratégie a donc consisté, depuis vendredi, à assez fortement réduire nos niveaux d’exposition aux actions, que ce soit dans la gestion collective ou dans la gestion sous mandat. Une baisse des marchés de l’ordre de 5% est très probable dans un avenir proche

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