Allocation Obligataire Mensuelle - Octobre 2013

22/11/2013 - Publié par YCAP ASSET MANAGEMENT dans Marché Obligataire

Allocation Obligataire Mensuelle - Octobre 2013

Durant les deux premières semaines du mois d’octobre, les marchés financiers ont affiché un sentiment contrasté. Certains investisseurs confiants ont pensé qu’une solution au problème du plafonnement de la dette américaine serait trouvée dans les délais impartis ; d’autres ont craint les conséquences d’un défaut de paiement de la première puissance économique mondiale. Une fois de plus, une course contre la montre a été engagée. Suite à la déclaration alarmante du département du Trésor américain indiquant qu’il pourrait manquer de liquidités pour faire face aux échéances du pays à compter du 17 octobre, le Sénat américain a voté le 16 octobre en faveur de la proposition de la Chambre des représentants.

Malgré les négociations budgétaires américaines difficiles, le mois d’octobre a été favorable pour le marché du crédit. Le crédit européen a été moins sensible que le marché actions aux avancements des discussions relatives au relèvement du plafond de la dette américaine. A l’approche de la date butoir, les investisseurs ont été nombreux à penser qu'un accord serait rapidement trouvé entrainant ainsi une diminution de la prime de risque sur le marché des CDS et obligataire. Les anticipations d’un report de l’intervention de la Fed (de janvier à mi-mars) ont également contribué aux bonnes performances du marché sur la deuxième partie du mois d’octobre.

Quelle sera la suite?

Face aux incertitudes relatives à l’économie américaine et aux marchés financiers, la Fed devrait maintenir une politique monétaire accommodante plus longtemps que prévu. Cette situation soutient les marchés financiers et profite tout particulièrement aux bons du trésor américains. Cependant, notons que les dernières déclarations de la Fed n’ont pas définitivement écarté la possibilité d’une réduction de rachat d’actifs dès janvier 2014. Les marchés financiers restent extrêmement sensibles aux indicateurs macro-économiques américains. Si la reprise économique outre-Atlantique venait à se confirmer au travers de création d’emplois alors le débat concernant la normalisation de la politique monétaire américaine serait de nouveau d’actualité.

Les accords, bien que temporaires, sur le budget et l’extension du plafond de la dette ayant été trouvés et l’intervention de la Fed ayant été reportée, l’attention des investisseurs est désormais focalisée sur la publication des résultats trimestriels des entreprises.

Le mois d’octobre marque le début des publications de résultats trimestriels des entreprises européennes. Les prévisions annoncent des résultats en baisse ; les bénéfices des entreprises du Stoxx 600 devraient afficher -10,8% au troisième trimestre 2013 par rapport au troisième trimestre 2012. Cette baisse s’explique principalement par l’évolution du taux de change EUR/USD sur cette même période. Le taux EUR/USD s’établissait à 1.20 au troisième trimestre 2012 et était proche de 1.35 à la fin du troisième trimestre 2013.

Cela contraste avec les résultats, bien meilleurs, qu’ont annoncés les entreprises américaines (près de 75% de l'ensemble des sociétés du S&P 500 ont publié leurs résultats au moment de la rédaction du commentaire). Les bénéfices ont, dans la majorité des cas, dépassé les attentes des analystes et les chiffres d’affaires sont en ligne avec les prévisions; ils progressent respectivement de 4.3% et 3.1% au troisième trimestre 2013 par rapport au troisième trimestre 2012. Seuls les bénéfices du secteur énergétique ont connu une baisse de 14,1 % sur un an.

Quelles seront les implications pour le marché du crédit?

La diminution des rachats d’actifs étant désormais attendue à la fin du premier trimestre 2014, les actifs risqués devraient être favorisés par les investisseurs. Par conséquent, les obligations de catégorie HY affichent des niveaux de taux les plus bas jamais atteints. Notons cependant que les spreads des catégories HY et IG n’ont pas encore atteint leur plus faible niveau historique. L’environnement actuel devrait accentuer le resserrement des spreads et le différentiel des taux entre les titres à faible et fort beta devrait davantage diminuer.

Nous avons jusque-là orienté les investisseurs vers des obligations à courtes durations. Cependant, face aux incertitudes liées à la situation américaine et au faible niveau d’inflation que présentent les pays européens, nous recommandons désormais les maturités plus longues.

Selon nous, les États-Unis trouveront une solution durable au problème de la dette et la Réserve fédérale américaine entamera son programme de réduction de rachats d’actifs en 2014. Les obligations à maturités longues ne devraient donc pas être pénalisées durant les deux prochains mois de l’année mais commenceront à l’être dès 2014.

 

Novembre 2013

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