Affligeant

28/11/2012 - Publié par Marc GILSON dans Marché Actions

Affligeant

Voilà qu’après la famille Peugeot, notre bouillant ministre du redressement productif s’en prend avec brutalité à la famille Mittal. Cette posture appelle quelques remarques.

 

1- En affirmant que Mittal n’a pas respecté ses engagements de 2006, il ignore, ou feint d’ignorer, que les conditions économiques ont changé depuis et que les entreprises, contrairement à l’action publique, doivent se montrer d’autant plus réactives qu’elles sont exposées à la concurrence mondiale ; et c’est bien le cas de la sidérurgie.

 

2- En brandissant la menace de la nationalisation, il propose la plus mauvaise des  solutions. Tout d’abord, avec quel argent dédommagerait-il Mittal ?

 

3- Il n’existe aucun exemple où l’état actionnaire s’est révélé meilleur gestionnaire que le privé. Si Mittal n’arrive pas à gagner de l’argent avec Florange, on voit mal comment l’Etat français pourrait faire mieux.

 

4- Sauf à subventionner le site, sur deniers publics, naturellement. Et une fois de plus l’Etat taxerait les entreprises bénéficiaires, diminuant donc leur rentabilité, pour redistribuer aux moins performants et maintenir en survie des canards boiteux. S’agit-il vraiment d’une démarche de ‘’redressement productif’’ ?

 

5- La démarche de Monsieur Montebourg n’est donc qu’une posture politique, tellement maladroite que non seulement il a été amené à se dédire, mais il a  contraint le président de la République à monter au créneau.

 

6- Il est vrai qu’Arcelor Mittal emploie 22.000 personnes en France. Le déclarer persona non grata pourrait non seulement causer des dommages considérables dans l’immédiat (délocalisations ?) mais surtout donner à d’autres l’envie de ne pas investir en France….

 

7- En juin dernier, François Hollande tentait d’excuser les gaffes de ses ministres en invoquant leur inexpérience. Il semblerait que certains aient du mal à apprendre le métier. Et en la matière, le redoublement n’est pas permis.

 

Bis repetita non placent !

 

Bonne journée.

 

-> Extra : une réflexion de Paul Krugman (traduction effectuée par l'équipe OPCVM360qui compare un élève vertueux (GB) et un plus faible (F). A la fin, c’est le plus faible qui gagne… 

“The 1920s — when several of the victorious Allies emerged from World War I with large debts in their own currencies — offer in some ways the nearest parallel to the debt concerns dominating recent debate. And it occurred to me that it would be useful to have a side-by-side of Britain and France. The two countries dealt with their debts very differently. Britain was a model of orthodoxy, returning to the gold standard and running huge primary surpluses to pay its debts; France, with a weaker political system, ended up inflating away much of its debt and accepting a big devaluation of the franc. So how did the two economies fare? You don’t want to start the clock in 1918, because France was in part a battlefield, and could be expected to have some bounce as the war damage was fixed.

("Les années 1920, moment où plusieurs des Alliés victorieux sortent de la Première Guerre Mondiale avec de larges dettes dans leur propre monnaie, offrent d’une certaine manière le parallèle le plus intéressant avec les récents débats concernant les problèmes de dette. Et il m’est apparu qu’il serait utile de faire un face-à-face entre la Grande Bretagne et la France. Les deux pays gèrent leur dette de manière très différente. La Grande Bretagne fut un modèle d’orthodoxie, en retournant à l’étalon-or et exploitant d’énormes excédents primaires pour payer sa dette ; la France, avec son système politique plus faible, finit par laisser augmenter une grosse partie de sa dette et accepta une grosse dévaluation du Franc. Comment les deux économies s’en sont-elles sorties ? Il ne faut pas commencer en 1918, puisque la France était en partie un champ de bataille, et qu’on attendait des rebonds dus au paiement des réparations de guerre.")

So here’s real GDP from 1913 on, from the Maddison database ("Voici donc le PIB réel à partir de 1913, tiré de la base de données Maddison"):

 

And here’s debt, from the IMF debt database :

("Et voici la dette, tirée de la base IMF")

-> So virtue was not rewarded, and French political weakness actually led to a better economic performance.

("On voit donc que la vertu ne fut pas récompensée, et que la faiblesse politique française l’a en fin de compte mené vers une meilleure performance économique.") 

 

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