ACTIS AM : Messieurs les anglais, tirez les premiers et surtout quand vous voulez?

L'E-conoclaste n°37

12/09/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

ACTIS AM : Messieurs les anglais, tirez les premiers et surtout quand vous voulez?

Pas près de sortir l’article 50, Theresa May ! Rien en effet, sans un « vrai consensus national » ralliant l’autre moitié du Royaume-Uni a déclaré le ministre Davis Davis (facile à retenir) chargé de la sortie de l’Union, leur ministre du redressement à eux. Son ministère, une armée de quelques 300 bonshommes consulteront patrons, syndicats, ONG, collectivités, instituts de recherche…pour tenter de trouver la meilleure voie à suivre  qui profitera à l’Angleterre.

 

C’est un peu comme si vous alliez au restaurant et que vous ne payez l’addition que si le repas vous a plu, quoique. Un concept.

Pour commencer le R-U cherche d’ores et déjà à verrouiller les liens commerciaux avec les entreprises étrangères installées sur son sol et avec les pays du Commonwealth notamment afin que ces derniers ne soient pas lésés indirectement par la position prise unilatéralement par les anglais au sujet des barrières douanières.

 

Toujours est-il que le « coup du Brexit » se révèle être une formidable opportunité économique pour les entreprises exportatrices anglaises qui profitent d’une déprécation de sa monnaie de 15%.

 

Notons que les hedge funds ont coupé leurs positions baissières sur le sterling pour la première fois depuis juillet.

 

L’action des banques centrales (européenne et japonaise notamment) arrive à bout de souffle devant le constat que les objectifs en termes d’inflation et de croissance sont de plus en plus difficiles à atteindre même si nous sommes bien obligés de reconnaître que sans ces mesures beaucoup de pays notamment de l’Europe du sud seraient encore bien plus en mauvaise posture.

 

L’inflation européenne hors énergie et alimentation devrait ralentir à 0,6% début 2017 contre 0.9% actuellement (0,2% pour l’indice des prix à la consommation des ménages), bien en dessous des niveaux cibles moyen terme des 2%, et même des niveaux court terme de 1%.

 

Le taux de chômage en zone euro reste en moyenne au-delà des 10% du fait d’une croissance faible estimée à 1,7% par le manque de relai des politiques nationales structurantes (relance budgétaire, baisse de la fiscalité, salaire universel… sont des axes en voie d’exploration pour ceux qui peuvent se le permettre comme en Allemagne par exemple) qui n’incitent ni les entreprises ni les ménages à s’endetter par manque de confiance en l’avenir (40% des octrois de credit sont des renégociations des prêts en France depuis le début d’année).

 

Cela correspond parfaitement à ce qu’en 1936 Keynes nommait la trappe à liquidités.

 

Les options délivrées par Mario Draghi s’amenuisent de jour en jour (discours service minimum jeudi dernier)à mesure que les taux s’enfoncent dans le négatif sous les coups de boutoir du QE qui assèchent toutes les souches obligataires.

 

Depuis un an et demi que le QE a débuté, la BCE a dépassé les 1000 milliards d’euros de rachats sur les dettes gouvernementales (14% de la dette souveraine euro dont 24% de la dette allemande, 13% de la dette française, 8.5% de la dette italienne selon les critères de Pib) et corporates et ce montant culminera à 1660 milliards en mars 2017 (12% du PIB européen), date préalablement définie pour le terme de cette opération qui devrait être repoussées de 6 moins au moins.

 

Le gisement allemand traite à 60% à des taux inférieurs à -0.40% donc sort des radars de la BCE. Selon une étude de Natixis, sur le marché secondaire, seulement les 2/3 du gisement corporate Investment Grade traitent actuellement entre 0 et 1%. 23% sont d’ores et déjà en territoire négatif (moins de 2% en mars avant l’annonce de l’extension du QE aux crédits corporates !). Sur le marché primaire, ce qui était

 

auparavant réservé aux souverains gagne les belles signatures corporates (Henkel, Sanofi, Deutsche Bahn) pour lesquels les investisseurs payent pour détenir ces noms.

 

Or, de plus en plus de banques centrales telles la Banque du Japon (BOJ), la Banque d’Angleterre (BOE) et la Banque Nationale Suisse (BNS) par manque d’actifs éligibles élargissent leur liste d’achat aux actions et se comportent comme des fonds souverains. Ainsi, le Japon (BOJ) détient désormais 20% de l’indice Nikkei, 60% des ETF japonais et deviendra l’actionnaire de référence de 55 des 225 compagnies listées de l’indice phare du Kabuto Cho.

 

La BOE a annoncé début août consacrer plus de 10 milliards de sterling à l’achat d’actifs d’entreprises et la BNS est devenue le huitième plus grand investisseur sur les actions cotées mondiales derrière les grands fonds souverains et fonds de pension à travers 2600 titres pour 130 $MM (+41% sur un an) pour la moitié en titres US, un montant triplé par rapport à 2013 qui représentant 20% du total de ses réserves de change, un moyen pour elle des diversifier ses actifs et ajuster ses réserves de change. Une nouvelle stratégie bien éloignée du comportement traditionnellement prudent des banquiers helvètes.

 

L’actu en chiffres 

3 milliards : est le montant cumulé en euros des transferts du mercato pour les 5 premiers clubs européens.

430 : est la longueur en mètres du plus long pont en verre du monde récemment inauguré en Chine et situé à 300 mètres d’altitude dans le Hunan, pouvant supporter 800 personnes à la fois. Enfin, il paraît.

83: est en pourcentage la proportion de français qui jugent leur système fiscal incompréhensible, injuste et inefficace. 71% de la population pensent qu’il demande souvent des efforts aux classes moyennes et ne cible pas en priorité les plus aisés. Logique dans la réponse à la question.

1,3 : fois plus est le niveau de vie en Suisse par rapport à celui de la France ou de l’Allemagne. Ce qui rend l’Helvétie très confortable par rapport à ses voisins européens que ce soit en termes de revenu, d’écart entre riches et pauvres ou de vacances et ce malgré le niveau élevé des prix suisses.

Le point technique

Stabilisation en vue des cours du baril avec un projet de coopération entre les saoudiens et les russes pour stabiliser les prix du baril et un niveau d’investissement constant sur le long terme.

La question d’une entente parait toutefois complexe dans la mesure où depuis le début d’année des espoirs en ce sens ont souvent été contrariés et ce même lorsqu’on était au point critique le plus bas.

La question restera aussi arbitrée par la position de l’Iran qui après des années d’isolement sur la scène diplomatique  ne souhaite pas réduire sa production tant que ses niveaux n’auront pas retrouvé ceux d’avant l’embargo (4 millions de barils/jour). L’Iran extrait actuellement 3,6 millions de barils jour, on en est toutefois très proche.

 

Prochain rdv à la fin du mois à Alger lors d’un forum international informel sur l’énergie, sinon prochain sommet de l’OPEP en novembre.

Source : Actis/ Bloomberg

On notera que le gel de la production de la part de l’OPEP ne parait pas acquis au moment où la production OPEP affiche un record historique de production.

 

On constate que l’activité de reprise des puits de production de pétrole de schiste américain reste sur ses plus bas (courbe en bleu du second graphique) compte tenu des cours actuels de l’or noir inférieur au niveau de 50 $, seuil de rentabilité des puits les plus économes.

 

Source : Actis/ Bloomberg

Le Selfie de la semaine

 

Clôture des marchés

 

La citation de la semaine

« Vous pouvez blâmer les gens qui se cognent dans l’obscurité ou vous pouvez allumer des bougies. La seule erreur est d’avoir conscience d’un problème en choisissant de ne pas agir. »

 

Paul Hawken (1946-), Auteur, environnementaliste américain.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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