A vau-l'eau

29/11/2012 - Publié par Marc GILSON dans Marché Actions

A vau-l'eau

L’Eau était depuis toujours retenue entre les berges de la rivière et les structures du grand barrage. Elle ne se posait pas de questions, heureuse d’être là et de sentir son perpétuel renouvellement, contente de son utilité car elle portait toutes sortes d’embarcations, étanchait les soifs des terres et des hommes, nourrissait les riverains qui pêchaient ses fruits, fournissait son énergie au travers de constructions ingénieuses.

 

Tout allait bien donc. Mais la pression sur les parois du barrage se faisait de plus en plus forte. L’Eau avait grossi, une grande partie d’elle-même souhaitait voir ce qui se passait derrière le béton qui lui servait d’horizon, d’autres parties voulaient mieux profiter de la force dont elles se sentaient investies, d’autres encore ne voulaient plus obéir aux règles immuables qui régissaient la vie du plan d’Eau.

 

Et des failles, des fissures, des lézardes se firent de plus en plus grosses et nombreuses dans les berges et dans le barrage. Les petites fuites devinrent vite  débits importants puis flots torrentueux. Le barrage céda partiellement et toutes les parties de l’Eau furent mises au courant. Et la part de l’Eau qui s’était échappée connut divers sorts.

 

Les parties fortes conquirent de nouveaux territoires, imposant leur force comme seul but de leur existence, grossissant le plus rapidement possible. D’autres s’engouffrèrent sur des terres arides qui les absorbèrent et se transformèrent en marais. D’autres encore, les plus nombreuses, qui échappaient encore aux Eaux conquérantes, se retrouvèrent dans de petits canaux, d’anciens bras de rivière, des petits cours d’eau sympathiques mais de faible envergure. Et, le temps passant, elles se mirent à regretter la vie d’avant.

 

Impossible de remonter la falaise du barrage pour rejoindre ce qui restait de l’Eau si bien organisée mais qui s’était immobilisée en attendant que se réparent les dégâts et qui n’avait pour seule arme que son inertie et sa masse.

 

Impossible de se rallier aux Eaux conquérantes qui ne supportaient que leurs intérêts et ne songeaient qu’à accroître leur territoire et à l’exploiter jusqu’à plus soif.

 

Il n’y avait qu’une solution : récréer de nouvelles communautés, de nouvelles règles pour qu’elles communiquent et travaillent en harmonie. Refaire un barrage d’un genre nouveau qui rendrait à l’Eau son efficacité, sa sérénité, sa cohérence,… son uniformité et sa force. En attendant les premières fissures.

 

Voilà.

 

Nous sommes l’Eau, nous, les enfants de la mondialisation et du matérialisme.

 

Avec le sentiment que, depuis 1968 et en s’accélérant grâce aux progrès de la science et de la connaissance, le barrage des dogmes anciens, des croyances et des religions s’est progressivement ébréché et que des masses de populations se sont retrouvées confrontées à l’individualisme, aux jeux de pouvoir, à la suppression de règles.

 

Nombreux d’entre ceux qui se sont échappés de la boîte de Pandore cherchent maintenant à retrouver un chemin à suivre, à se regrouper derrière des idées et des projets, à reconstruire un nouveau plan d’Eau.

 

C’est valable pour le système économique autant que pour la vie dans nos sociétés plus ou moins organisées. La fable de l’Eau est un éternel recommencement. Et il nous semble que nous sommes maintenant au début d’une nouvelle histoire.

 

A nous de jouer un rôle utile.

 

Bonne journée.

 

Marc Gilson

 

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