A quoi jouent les allemands ?

11/10/2012 - Publié par GSD GESTION dans Marché Autre

A quoi jouent les allemands ?

 

Berlin ne joue pas le jeu de l’Europe sur les modalités et le calendrier : François Hollande et Mariano Rajoy ont souligné cette semaine à Paris leurs convergences sur l'Europe, demandant tous deux que des décisions soient prises pour mettre en place l'union bancaire et une supervision globale des institutions en Europe par la BCE avant la fin de l'année, lors du conseil européen des 13 et 14 décembre. Mais Berlin, en revanche, veut limiter la supervision aux banques systémiques et seulement elles, pour épargner ses banques régionales « Landesbanken », très liées aux milieux politiques régionaux influents dans la campagne électorale. Politique quand tu nous tiens…et pourtant l’Espagne et d’autres ont un besoin vital d’une union bancaire rapide, sans union, point de recapitalisation des banques espagnoles sans la garantie européenne, l’Etat espagnol devant garantir sur ses propres deniers les fonds prêtés par l’Europe à ses banques, d’où une spirale infernale de hausse des taux en perspective ;

 

Berlin toujours ne joue pas le jeu, toujours, dans la création d’un géant européen de l’aéronautique et de l’armement EADS-BAE apte à rivaliser avec les américains estimant que ses intérêts nationaux n’étaient pas protégés et notamment des risques de délocalisations de sites de production. Un basculement du centre de gravité de la Bavière vers Toulouse ou Manchester pas du tout du goût des teutons dans la perspective de la campagne électorale des législatives 2013. A la décharge des allemands, les actionnaires historiques Daimler et Lagardère restaient également réservés sur le rapprochement. Toujours est-il, que le retour de la politique dans la gouvernance d’un groupe est toujours du plus mauvais effet sur le cours de bourse, bien que la question de la naissance d’un grand de la Défense reste un thème récurrent en Europe.

 

Dissensions aussi en Asie avec le boycott des chinois à la réunion du FMI à Tokyo (jusqu’au 14 octobre) relativement au dossier des iles Senkaku. Les Japonais continuent de subir les ondes négatives après le tsunami de 2011, avec ce conflit avec, rappelons-le, leur premier partenaire commercial. Mais pas seulement. Avec les coréens du Sud (car le Nord, c’est entériné depuis longtemps où la diplomatie se fait à coup de tests de missiles moyenne portée), troisième client et fournisseur, aussi il y a de l’eau dans le gaz. En effet, l’existence d’un swap d’échange de devises entre la BOJ et la banque de Corée censé protéger contre la spéculation ne sera pas prolongée à l’issue, peut être est-ce à relier à la dispute sur les ilots pierreux de Takisma entre les 2 pays…Mais les coréens  devraient être présents à la réunion quand même. Ambiance. Il ne manquerait plus que Toyota soit obligé de rappeler ses véhicules pour défaut technique. Ah bon, c’est le cas ? Alors après la pédale d’accélérateur qui se coince sous le tapis, le régulateur de vitesse qu’on ne peut plus désactiver une fois enclenché, voici que Toyota doit rappeler plus de 7 millions de véhicules pour risque d’incendie au cas l’envie vous prendrait de descendre la vitre. Cette petite mésaventure devrait leur couter une « blinde » pour rapatrier l’équivalent d’une année de production…et en même temps, si on regarde le verre à moitié plein, on peut dire que le contrôle qualité « is fantastic » et met la barre haute pour ses concurrents sauf que ce contrôle s’exerce un peu à posteriori, dommage…

 

Coté marché, les investisseurs subissent un gros coup de mou et sont grognons dans la foulée des trimestriels en demi-teinte (sauf pour les pizzas avec Yum Brands qui s’est envolé de 9% hier) et devant le spectacle d’une Europe qui patine une fois de plus… dans la choucroute. Les 10 ans allemands et français (-10 à -15 bps en 2 jours) en profitent jouant leur rôle de valeur refuge au détriment des 10 ans gipsies. A ce propos, l’Espagne est passé BBB- par S&P ce matin, à un cran du junk.

 

 

 

Le Cac sur le plan technique : La dynamique baissière se poursuit donc et le niveau des 3350 points tient pour le moment. La réaction sur le support sera déterminante pour donner une suite à la tendance. Supports : 3350/3315/3300 (MM200), Résistances : 3415/3430/3450.

 

Article rédigé Christophe Gautier

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
GSD MONDE GSD GESTION Mixtes Mondial Flexible 4.49 M€ 2.40 % -0.49 %
ENERGY VALUE GSD GESTION Jacques GAUTIER Actions Energie 1.69 M€ 13.84 % 8.60 %
GSD PATRIMOINE GSD GESTION Obligations Mixtes Moyen Terme 17.51 M€ 4.29 % 2.89 %
GSD FRANCE GSD GESTION Jacques GAUTIER Actions France 4.21 M€ -2.06 % -2.21 %
GSD EUROPE GSD GESTION Jacques GAUTIER Actions Europe 4.93 M€ -2.77 % -7.30 %

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