A la croisée des chemins …

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°191

07/06/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

A la croisée des chemins …

La semaine a été instructive pour élaborer un scénario d’évolution des marchés financiers pour les prochaines semaines. Nous pouvons ainsi avancer quelques certitudes qui vont nous permettre d’affiner notre stratégie d’investissement pour le deuxième semestre. Selon nous, quatre points importants sont confirmés :

1/ La réaction des marchés au moins à court terme sera très négative dans l’hypothèse du Brexit. La publication en milieu de semaine d’un sondage favorable à la sortie de la Grande-Bretagne a ainsi fait baisser les marchés et évidemment la livre sterling.

2/ Les derniers chiffres US en matière d’emplois n’ont pas été favorables et font ressurgir la crainte d’un prochain ralentissement US qui pourrait contraindre la stratégie de la Fed. La probabilité d’un relèvement des taux en juin s’avère assez faible et même la date de juillet pourrait aussi être contestée. Cela n’est pas positif pour les marchés et, naturellement, nous avons assisté à une nouvelle fébrilité du dollar.

3/ L’arrêt de la hausse des marchés s’explique aussi par des valorisations qui ne recèlent plus beaucoup de potentiel de hausse, tant que ne seront pas constatées des hausses des perspectives bénéficiaires des entreprises.

4/ En dépit de l’intervention de l’Etat, les derniers chiffres macro-économiques chinois montrent que l’activité manufacturière reste toujours très modérée.

Nous sommes donc à la croisée de deux chemins : l’un aboutit à un mur difficilement franchissable et l’autre nous fait revenir en arrière. Difficile donc de rester optimiste pour le mois de juin.

La semaine dernière, la plupart des indices boursiers ont chuté : -2,63% pour l’Eurostoxx50, -2,06% pour le CAC 40. Les marchés américains ont été plus stables puisque le Dow Jones ne baisse que de 0,12%, alors que le Nasdaq a progressé de 0,18%. Le Nikkei a poursuivi sa baisse à -1,14%.

La question de la croissance est désormais primordiale

En théorie, les marchés actions réagissent, voire « sur-réagissent », à différentes annonces. En premier lieu, le discours des banques centrales et surtout celui de la FED est primordial. D’autres informations participent à la hausse de la volatilité : l’évolution des matières premières, des éléments de politique internationale et l’évolution des prix des autres actifs à risques. Sur le moyen et long terme, l’élément fondamental, et beaucoup plus structurant, reste l’évolution de la croissance mondiale. Ainsi, il est aisé de démontrer mathématiquement que depuis 2000, la relation entre l’évolution des marchés financiers et la croissance mondiale est très forte, avec un coéfficient de corrélation très élevé. Finalement, la performance des indices boursiers est en grande partie imputable à la croissance mondiale en valeur, tout bêtement… Inutile donc de chercher midi à quatorze heures et ceci doit rassurer les approches fondamentales ! Depuis 2010, la croissance mondiale en valeur a beaucoup baissé, passant de plus de 9% à 4%,  justifiant la fébrilité des marchés financiers! Ainsi, le débat actuel sur la durabilité de la faible croissance du PIB mondial n’est pas anecdotique, de même que les craintes de récession aux Etats-Unis. L’OCDE a communiqué sur le « piège de la croissance molle » qui augmente les inégalités et compromet la croissance potentielle des grands pays pour les générations à venir. Ainsi, pour répondre à la question de savoir si les marchés actions ont encore un potentiel de hausse sur la seconde partie de 2016, on doit s’interroger sur le niveau et l’évolution de la croissance mondiale sur la fin de cet exercice et le suivant. On comprend d’un point de vue théorique, pourquoi les marchés réagissent beaucoup aux chiffres chinois puisque la Chine reste la locomotive de la croissance mondiale. Les chiffres macro-économiques publiés cette semaine n’incitent pas à croire à une augmentation à court terme de la croissance mondiale.

Des derniers indicateurs US assez décevants

La publication en fin de semaine des chiffres de l’emploi US pour mai a été très décevante (+38 000 création contre une attente à +160k et surtout, les chiffres d’avril ont été fortement révisés à la baisse, -37 000 à +123 000). Ce sont les grèves chez Verizon (impact 37 000 postes) et les mauvaises conditions météo du mois de mai (impact estimé à 73 000 postes) qui ont tiré les chiffres à la baisse. Les secteurs industriel (-36 000) et de la construction (-15 000) ont été les plus décevants, cela étant donc peu favorable à une reprise de la croissance. Le salaire horaire moyen continue de progresser à +0.2% en mai, contribuant à une hausse de l’inflation, pouvant alors inciter la FED à relever ses taux. D’autres données se sont avérées mitigées : certaines positives comme l’indice ISM manufacturier de mai (51.3 vs 50.8 en avril) et une hausse des commandes de biens durables et des dépenses de consommation des ménages, certaines décevantes comme les PMI Markit dans l’industrie et les services en mai, l’ISM dans les services et l’indicateur de confiance des consommateurs (92.6 vs 94.2 en avril).

Europe : La BCE en stand-by et données macroéconomiques contrastées

La BCE n’a pas modifié sa politique monétaire. Elle a confirmé qu’elle lançait à partir du 8 juin, de son programme de rachat de dettes corporate à hauteur de 80Md€ par mois. Mario Draghi s’est déclaré satisfait du niveau de croissance du 1er trimestre (+0.5%), mais a prévenu d’un léger ralentissement sur les trois prochains mois à cause du fléchissement des exportations (impact négatif de la baisse du dollar sur ce dernier trimestre). Pour confirmer ceci, l’indice PMI manufacturier pour la zone euro s’est légèrement contracté au mois de mai (51.5 vs 51.7) principalement sur fond d’affaiblissement de l’activité dans les pays périphériques, par rapport à l’activité dans les pays core (Espagne 51.8 vs 53.5 ; Italie 52.4 vs 54 ; France 48.4 vs 48 ; Allemagne 52.1 vs 51.8). Cela n’est évidemment bas de bon augure puisque ce sont les pays périphériques qui avaient contribué à une reprise de la croissance européenne. Si ces derniers n’assurent plus cette tendance, il n’est pas certain que les pays core auront la capacité de contribuer seuls à la poursuite de la progression de la croissance européenne.

Beaucoup trop d’incertitudes !

Le mois de juin débute sur des incertitudes majeures. Il reste des questions politiques fortes avec le referendum concernant le Brexit et les élections espagnoles. Dans le premier cas, A moins de trois semaines du scrutin du 23 juin, la moyenne des six derniers sondages réalisés par l'institut What UK Thinks plaçait ce dimanche les deux camps à égalité parfaite à 50% chacun, sans tenir compte des indécis. La croissance mondiale n’est plus aussi forte, les derniers chiffres aux Etats-Unis et en Europe peuvent faire craindre à un ralentissement généralisé. Cela va donc remettre au cœur de l’actualité les décisions prochaines de la FED, mais beaucoup d’économistes commencent à s’interroger sur la capacité réelle de l’économie américaine à absorber la hausse des taux de la FED. Ainsi devant autant d’incertitudes, le marché va rester très erratique. Nous ne voyons pas d’éléments tangibles qui pourraient justifier une hausse prochaine du marché, aussi nous réitérons une nouvelle fois un message de prudence tant qu’une partie au moins de ces incertitudes ne sera pas levée, soit pas avant le 24 juin.

 

360 Hixance am - le 06 juin 2016

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
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