2017 : Année des opérations de fusions-acquisitions

Par Jean-Noël Vieille - lettre hebdomadaire n°220

01/02/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

2017 : Année des opérations de fusions-acquisitions

 

Ce mois de janvier se poursuit en affichant quelques tendances marquées avec des divergences suivant les zones géographiques et les secteurs d’activité : depuis le début de l’année, l’Eurostoxx 50 ne progresse que de +0,4%, le CAC est le mauvais élève à -0,45% alors que le DAX est en hausse de +2,9%, attestant de l’intérêt des investisseurs pour la thématique des valeurs « value » alors que les sociétés cycliques et les financières marquent le pas et sont très volatiles (résultats trimestriels mitigés d'UBS et impact négatif de l'augmentation de capital d'Unicrédit). Le Nasdaq connait une très forte hausse à +5% justifiée par la bonne publication des résultats des groupes technologiques américains et le marché boursier brésilien continue à être euphorique à +9,6%.  Les tendances du dernier trimestre 2016 se poursuivent avec l’effet positif supplémentaire des opérations de croissance externe qui se multiplient créant de la valeur pour les investisseurs. Cette tendance haussière s’explique aussi par la publication de données macro-économiques favorables que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. L’acceptation nouvelle du risque est aussi confirmée par la baisse de l’or et la chute de la volatilité.

La semaine dernière, les indices boursiers ont connu des fortunes diverses : +0,12% pour l’Eurostoxx50, -0,22% pour le CAC40 et +1,58% pour le DAX. Le DJ affiche une progression de +1,34% et le Nasdaq de +1,90%. Le NIKKEI a connu une hausse de 1,72%, le Japon ayant connu en décembre son premier excédent commercial depuis 2010, grâce à une accélération des exportations (+5,4%) soutenue par les secteurs équipements automobiles et électronique.

 

Le Dow Jones dépasse pour la première fois les 20 000 points

La publication des chiffres du PIB pour le T4 2016 aux États-Unis atteste de l'accélération de la croissance (+1,9% en glissement annuel contre 1,7% précédemment). La consommation est le principal contributeur en raison du comportement des ménages qui bénéficient d'un environnement favorable. Cela a été confirmé par la publication de l’indice de confiance de l’université du Michigan pour décembre qui se situe à son plus haut niveau depuis 2000 (98.5). En négatif, les chiffres du PIB montrent un fléchissement des exportations et une hausse des stocks, +1,0%, qui compte pour la moitié de la hausse du PIB. On notera aussi la progression de l’indice PMI manufacturier pour janvier (55,1 vs 54,3 en décembre). La Fed pourrait donc confirmer la semaine prochaine la qualité de cette reprise qui devrait conduire à une hausse de l’inflation tirée par la progression des salaires. Janet Yellen devrait alors préparer le marché à de futures hausses de taux. Nous maintenons notre hypothèse de trois hausses sur l’année 2017. Les taux américains devraient donc reprendre leur trajectoire haussière à horizon fin d'année entraînant une appréciation du dollar face à l'euro.

Petit bémol en fin de semaine puisque les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté plus que prévu (259k vs 247k estimés) et les commandes de biens durables ont reculé aussi en décembre (-0.4%). Le Dow Jones a alors franchi pour la première fois de l’histoire le seuil des 20 000 mercredi. Cela est lié à la solidité des publications du T4 des entreprises : sur les 146 entreprises du S&P 500 qui ont publié, 69% ont annnoncé des résultats meilleurs que prévu. En conséquence, le marché américain semble encore receler un potentiel de progression en raison de la combinaison des bons indicateurs économiques et de la qualité des résultats des entreprises. En outre pour un investisseur européen, ce dernier bénéficiera de la progression du dollar.

 

Europe : Amélioration du secteur manufacturier et hausse des demandes de crédit

En dépit des premières attaques de Trump contre l’Europe et de la nouvelle idylle entre lui et Madame May (à quoi ressembleront les enfants ?), les indicateurs économiques continuent de s’améliorer. La croissance de l’activité dans le secteur privé en Zone Euro progresse encore en janvier avec une hausse de l’activité (PMI manufacturier : 55,1 vs 54,8 attendus). Cette tendance positive est confirmée aussi par les données sur le crédit bancaire publiées par la BCE : les prêts aux entreprises de la zone euro ont augmenté en décembre au rythme le plus soutenu depuis quatre ans et demi (+2.3% vs +2.1% en novembre) tandis que la croissance du crédit aux ménages a été de 2% (vs +1,9% en novembre), soit la plus forte hausse depuis la mi-2011. Nous attendons toujours une progression de l’inflation dans la zone et surtout, dès les publications des résultats des entreprises européennes au T1 2017, une accélération des prévisions des résultats des analystes qui pourraient permettre aux indices européens de progresser significativement au cours de ce premier semestre.

 

La dynamique des OPA, nouveau facteur explicatif de la hausse des marchés

Plusieurs opérations de fusions-acquisitions se sont déclarées en ce début d’année. Nous avons assisté à l’OPA amicale de Safran sur Zodiac pour près de 10  Md€, à la fusion d'Essilor et Luxottica, au rachat de la biotech suisse Actelion par l’américain Johnson &  Johnson pour 28 Md€, à l’offre de 21st Century Fox sur Sky, à l’acquisition du spécialiste du commerce de gros Booker par Tesco ou la montée de Vivendi dans le capital de Mediaset . Nous pourrions aussi connaître une concentration dans la banque-assurance en Italie, où Generali pourrait être la cible d'une offre d'Intesa Sanpaolo.

L’intérêt pour l’investisseur est clair : profiter d’une prime de plus de 20% sur la cible et quelquefois, l’acquéreur prend aussi de la valeur par capitalisation des effets des synergies.

Sur l'année 2016, les opérations mondiales de fusions-acquisitions ont représenté un total de 3 700 Md€, chiffre en baisse de 21% par rapport à l’année record de 2015. L’année 2017 s’annonce encore porteuse sur ce thème pour plusieurs raisons. Les entreprises ont des bilans solides et beaucoup de liquidités qui ne rapportent plus rien. La conjoncture économique, même si elle est favorable, ne permet pas de délivrer une croissance forte des résultats, d’où l’utilisation de la croissance externe pour acquérir des parts de marchés supplémentaires ou diversifier ses activités. Tous les acteurs savent enfin que les taux d’intérêt vont augmenter prochainement donc cette année sera la dernière à profiter d’un effet de levier intéressant (écart entre la rentabilité des actifs acquis et son coût de financement).

 

Vers la poursuite de la hausse

Le dernier mouvement de correction est normal d’autant que la prise de fonction de Trump représente des interrogations légitimes pour les marchés financiers. Nous maintenons néanmoins notre scénario positif pour 2017 avec des objectifs de hausse d’environ +10% sur ce premier semestre pour les actions européennes et américaines. Nous validons ainsi l’amélioration de la conjoncture économique, l’accélération de la croissance bénéficiaire des entreprises et surtout un mouvement important de fusions acquisitions afin de réallouer convenablement la trésorerie des entreprises. La stratégie des banques centrales est aussi plus lisible et ne devrait pas perturber les marchés financiers qui ont une forte visibilité de leurs actions. La partie obligataire devrait aussi bénéficier d’un resserement des spreads de crédit justifié par des niveaux de défaut des entreprises très faibles.

 

Par Jean-Noël Vieille - le 30 janvier 2017

 

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