2015 fut l'année des crises étranges.

Billet mensuel du docteur Leber, fondateur d’ACATIS, société de gestion indépendante allemande

14/01/2016 - Publié par ACATIS INVESTMENT GMBH dans Marché Allocations d'actifs

2015 fut l'année des crises étranges.

 

2015 fut l’année des crises étranges. Seule une rétrospective peut nous permettre de voir clairement ce que nous avons traversé. Cela fait un peu penser à ces somnambules qui, il y a de cela 100 ans, s’engageaient dans la Première Guerre mondiale sans trop savoir pourquoi.

 

 

Politique 

  • La Russie s’impose de plus en plus massivement en Ukraine.
  • Une alliance inédite de grandes et moyennes puissances qui agissent l’une à côté de l’autre, l’une contre l’autre et ensemble au Proche-Orient.
  • Les camps de réfugiés en Syrie ne sont plus financés par l’ONU et leurs occupants prennent le chemin de l’Europe.
  • L’État islamique continue d’étendre son influence au Proche-Orient mais aussi en Afrique.
  • Les islamistes auteurs d’attentats posent des bombes au cœur de grandes villes européennes et tuent par exemple 130 personnes à Paris ou anéantissent la rédaction de Charlie Hebdo.
  • 13 329 personnes meurent aux Etats-Unis de blessures provoquées par des armes à feu. Presque chaque jour, un américain moyen a un accès de folie meurtrière. (Source: Gun Violence Archive)

Economie 

  • L’Arabie saoudite fait baisser les prix du pétrole et met ainsi sous pression de nombreux pays exportateurs d’or noir. La fin de la surproduction n’est pas encore en vue.
  • La crise grecque provoque une grosse indignation politique puis disparaît ensuite totalement des esprits. Les problèmes ne sont pas résolus. Des États enfreignent délibérément et sans conséquences leurs propres réglementations (Grèce, Chypre, la Carinthie, le Portugal).
  • La crise bancaire se termine sans trompettes ni tambour. Les dotations en capitaux s’améliorent et en contrepartie, les banques réduisent leur rôle dans l’économie. De nouveaux marchés financiers naissent en dehors des banques. Les marchés de capitaux s’assèchent et sont de plus en plus dominés par de gros fournisseurs d’ETF.
  • Les marchés financiers sont instables et extrêmement interdépendants les uns des autres. Les cours de titres et d’indices bondissent et s’effondrent comme par magie. Des systèmes de négociation algorithmiques se substituent aux êtres humains.
  • Le monde des intérêts à taux zéro commence à faire mal aux investisseurs (assurances, fondations). 2 billions d’euro-obligations affichent des rendements négatifs (source : Xaia). Les rendements historiques sont de l’histoire ancienne et les nouveaux investissements n’offrent plus aucun rendement.
  • Le nouvel endettement des États ralentit à l’échelle mondiale et se reporte sur les banques centrales. Ces dernières achètent des obligations d’État et plus récemment également des actions dans un no man’s land juridique. A l’avenir, se posera obligatoirement la question de confiance vis-à-vis des banques centrales : à combien s’élève la valeur qui se cache derrière un billet ? 
  • Depuis des années, Volkswagen trompe sciemment ses clients, l’État et les autorités en jouant sur ses taux d’émission de gaz d‘échappement. La confiance dans la sincérité du « Made in Germany » s’amenuise.
  • La croissance de la Chine ralentit, la situation financière du pays se détériore et fait régulièrement et durablement trembler les bourses mondiales.
  • Le Brésil perd pied tant politiquement qu’économiquement. La forte dépendance d’une part au prix du pétrole et d’autre part des exportations agricoles vers la Chine nuisent au pays. A cela vient s’ajouter (on aurait pu s’en douter) une corruption généralisée.

Les marchés 

  • Dans cette situation (États non fiables, instabilité géopolitique, banques centrales jouant à l’apprenti sorcier, taux d’intérêt bas sur le long terme), les valeurs réelles sont les seules opportunités de placement vraiment fiables. La question qui se pose est la suivante : qui, sur la base de pratiques commerciales sérieuses, génère des rendements, voire même de la croissance, et distribue ces rendements à ses bailleurs de fonds ? Il n’y a guère plus que des entreprises (actions et obligations), du capital-investissement et de l’immobilier pour entrer en ligne de compte en tant que placements rentables. Cette évidence drainera des moyens supplémentaires dans ces classes d’investissement et dopera les cours à des niveaux dépassant le raisonnable jusqu’au moment où, là aussi, les rendements auront été "dévorés". Sur un marché financier volatile, fortement corrélé, distordu et manipulé, la raison économique finira par l’emporter même si, par moments, l’évolution des cours suggère le contraire. 

 

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