Finance islamique

Partie II.a : Le Marché du Capital (son fonctionnement, la réglementation, les produits )

20/09/2012 - Publié par Adela BAHO dans Dossier Autre

Finance islamique

A titre de rappel sur les fondamentaux de l’activité économique dans le cadre de Shariah, l’Homme est considéré comme un sous-groupe de la société avec ses obligations envers les autres et envers le créateur (Allah). Tandis que l’objectif de faire des profits est permis, il existe des obligations envers la société telle que le Zakat (donation obligatoire aux pauvres, 2.5% des revenus). Les valeurs spirituelles et morales sont tout aussi importantes que le profit. Les droits de l’Homme dans la société vont de pairs avec ses obligations.

Nous connaissons tous les composantes classiques du marché du capital présentées ci-dessous :

 

 

La règle de base est que toutes les transactions et produits du marché du capital doivent respecter les éléments prohibés mentionnés dans la partie I. Tandis que les intérêts, riba, sont interdits, le taux d’intérêt conserve toutes ses propriétés dans les applications financières (estimation de cash flows, évaluations d’investissements etc…). La différence est qu’à la place d’utiliser des taux « hors-risque » c’est le coût du capital (cost of equity) majoré d’autres primes de risque (opportunité, business, etc) qui est utilisé. Attention, malgré que la charge d’un taux d’intérêt dans les opérations de prêts et emprunts soit prohibée, la dette comme source de financement est permise.

Money Market

Les instruments les plus importants sont :

  1. Government Investment Issue (GII) utilisé bien évidement dans la gestion des liquidités du Gouvernement Malaisien. Introduit en 1983, il est réglé sous un des concepts de la Shariah, Qard al-Hassan. En application de ce dernier, l’instrument ne possède pas de « valeur faciale », ni de maturité et ne peut donc pas être traité en marché secondaire. Selon ce concept, on peut prêter de l’argent, mais sans obligation de remboursement et sans charger d’intérêt, évidemment. Les entreprises déclarent leurs profits trimestriellement.
  2. Cagamas Mudarabah Bond / Sukuk utilisé dans le financement immobilier. Similaire au Fannie Mae et Freddie Mac aux USA, l’instrument sert à racheter la dette immobilière aux banques.
  3. Islamic Accepted Bills, introduits en 1991, sont plutôt utilisés dans le financement de négoce. Il est structuré selon le contrat de Murabaha, (paiement différé majoré d’une prime dont les deux parties tombent d’accord ex-ante). 

 

La courbe des taux utilisé est similaire à celle conventionnelle, pour éviter un arbitrage. En Malaisie elle s’appelle KLIIRR (Kuala Lumpur Islamic Interbank Rate of Return) et coexiste avec KLIBOR (la courbe LIBOR locale).

Les risques présents dans ces instruments sont ceux des « instruments conventionnels », contrepartie, liquidité, taux d’intérêts plus le risque de Shariah. Comment quantifier le risque Sharia ? 

Adela BAHO, MSc

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
AMUNDI ISLAMIC - BRIC QUANT AMUNDI LUXEMBOURG Actions Emergentes BRIC 6.63 M€ 8.54 % 3.81 %
AMUNDI ISLAMIC - GLOBAL RESOURCES AMUNDI LUXEMBOURG Actions Energie 14.99 M€ 15.62 % 6.27 %
BNP PARIBAS EASY DJ ISLAMIC MARKET TITANS 100 UCITS ETF THEAM Actions Monde 15.99 M€ 0.68 % -0.73 %
AMUNDI ISLAMIC - ASIA PACIFIC QUANT AMUNDI LUXEMBOURG Actions Asie Pacifique 5.60 M€ 1.74 % 0.22 %