Actions et assurance vie : un pari qui n’est pas aussi risqué qu’on pourrait le penser !

06/10/2015 - Publié par Jérôme BOUMENGEL dans le dossier : Assurance Vie

Actions et assurance vie : un pari qui n’est pas aussi risqué qu’on pourrait le penser !

Pour dynamiser son contrat d’assurance vie, l’épargnant  ne doit pas hésiter à accepter une dose de risque et aller chercher de la performance sur des actifs plus risqués que les emprunts d’Etat ou les bons du Trésor, notamment sur les actions.

Ce n’est pas un pari aussi risqué que cela, et pour le montrer, nous avons fait la simulation et les calculs suivants :

Nous avons choisi de faire cette simulation sur l’indice Nasdaq composite car c’est l’une des bourses les plus difficiles à travailler et les plus volatiles.

Les résultats obtenus sont regroupés dans le tableau ci-dessous. Ils montrent que pour cet indice (hors dividendes) et pour des périodes d’investissement allant de 1 mois à 8 ans, les actions semblent bien adaptées à la durée d’immobilisation d’un contrat d’assurance-vie.

 

 

(1)     Il s’agit du nombre de données étudiées, soit un total de 439 performances correspondant à un historique des cours du Nasdaq de 36 années.(2)     Performance moyenne (en %) obtenue en investissant le premier jour et en revendant le dernier jour à l’issue de la période de détention. (3)     Ecart type. Par exemple, pour une durée de détention de 1 mois, on peut s’attendre à ce que la performance soit dans 95% des cas comprises entre -11% et +13%.(4)     Nombre de performances positives.(5)     Nombre de performances négatives.(6)     Probabilité (en %) de ne pas perdre de l’argent au bout de la période.(7)     Gain maximal obtenu en investissant le premier jour et en revendant le dernier jour à l’issue de la période de détention.(8)     Perte maximale obtenue en investissant le premier jour et en revendant le dernier jour à l’issue de la période de détention.(9)     Le Risk ratio correspond au rapport entre la performance moyenne et la volatilité. Plus il est élevé, plus la stratégie est pertinente du point de vue du couple rentabilité/risque.

 

Quels enseignements tirer de ce tableau ?

Première preuve, l’évolution de la probabilité de ne pas perdre de l’argent au bout de la période augmente avec la durée de celle-ci (Cf. chart ci-dessous). On comprend ainsi pourquoi il est très difficile de gagner de l’argent à court terme, alors qu’il est plus aisé d’en gagner en prenant des positions à  long terme.

Pour une stratégie de « buy and hold », consistant à investir le premier jour ouvré du mois et à revendre le dernier jour de ce même mois, la probabilité de gagner de l’argent n’est que de 59%, tandis qu’elle monte jusqu’à 93% pour une durée d’investissement de 8 ans.

 

 

Bien que les résultats passés ne présagent pas des résultats à venir, si un placement long terme en actions offre davantage de chances de gagner de l’argent qu’une activité de trading à court terme, l’exercice permet également un meilleur ratio de risque.

C’est le second enseignement de cette simulation. Sur une période d’un mois, le rapport entre le gain maximal et la perte maximale (en valeur absolue) est inférieur à 1, tandis qu’il monte jusqu’à 12,7 pour une durée de détention de 8 ans.

Le constat est identique si l’on prend comme critère de risque le rapport entre la performance moyenne et la volatilité (Cf chart ci-dessous).  Le ratio évolue également sur une courbe ascendante et atteint 1,11 pour une durée de 8 ans, contre 0,17 pour 1 mois.

Autrement dit, le risque pris sur les actions du Nasdaq a été 6,5 fois mieux rémunéré sur une durée de détention de 8 ans que sur 1 mois. Un investisseur rationnel devrait donc choisir de placer son capital sur une durée de 8 ans.

 

 

Les leçons de l’histoire nous indiquent que s’il est bien moins risqué d’investir sur les actions dans une optique à long terme, un tel placement n’offre aucune garantie de conservation du capital investi.

Les marchés financiers ne sont jamais à l’abri d’un « cygne noir », et selon sa date d’entrée, un contrat détenu pendant 8 ans peut afficher des résultats très différents, même si la probabilité de perdre une partie de son capital reste faible. Dans tous les cas, le timing sera crucial pour optimiser les gains, mais également les risques.


Conclusion
 :

Si la gestion des risques passe par la diversification des actifs, elle passe également par d’autres voies, au premier rang desquelles la prévision joue un rôle essentiel. Car gérer les risques, c’est également les prévoir !

Certes, c’est une activité difficile, ce qui explique que la plupart des professionnels se cantonnent à une gestion mathématique en élaborant des modèles sophistiqués, mais très souvent pris en défaut par la réalité du monde économique et financier.


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